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Le moteur à ondes de détonation pulsées ou moteur à détonation pulsée (ou PDE en anglais pour Pulsed Detonation Engine) est un système de propulsion qui peut servir pour l'aéronautique ou l'astronautique. Ce type de moteur a été développé afin d'améliorer l'impulsion spécifique de la propulsion par rapport aux fusées chimiques classiques. Il utilise le concept très proche de celui du pulsoréacteur. La différence principale est que le pulsoréacteur assure une déflagration alors que le PDE produit une détonation. La déflagration produit des pressions d'éjection de l'ordre de deux à trois atmosphères à des vitesses subsoniques. La détonation a l'avantage de monter à des pressions de l'ordre de 30 atmosphères avec des vitesses d'éjection supérieures à Mach 5. Ils partagent ainsi une certaine simplicité et des apparences très proches, mais les résultats sont considérablement différents. En réalité, les moteurs PDE sont souvent des pulsoréacteurs dans lesquels on assure la transition de la déflagration à la détonation au cours du trajet des gaz vers la sortie de la tuyère.
PrincipeDes détonations utilesLe moteur est simple dans son principe : le PDE est un tube dans lequel on fait détoner un mélange oxydant/réducteur qui est aussitôt éjecté à grande vitesse par un mécanisme de purge (blowdown). L'intérêt est d'avoir ici une combustion à volume constant derrière l'onde de choc produite, qui a une efficacité thermodynamique plus grande que la combustion à pression constante utilisée dans la combustion chimique classique. Les détonations doivent être répétées à une fréquence rapide afin de produire une poussée moyenne élevée. Un cycle PDELe phénomène principal est la propagation d'une détonation. Les différentes étapes sont récapitulées ci-après : ![]()
Principaux paramètres de conceptionLes grandeurs caractéristiques d'un PDE sont les suivantes : la poussée, la fréquence de détonation, la rapport de mélange des combustibles, les conditions initiales (P,T) dans le tube, le diamètre du tube, la masse du moteur et le rapport poussée/masse. La performanceDans une première approche et en négligeant toutes les forces de friction aux parois, on peut dire que la force de poussée est produite uniquement par la pression qui s'exerce sur les parois du tube. Cette pression s'évalue par différents modèles (analytiques ou numériques). On en déduit alors l'Isp par la formule: ![]() où S est la section du tube, Calcul de la poussée moyenneOn suppose ici que le tube a un diamètre constant sur toute sa longueur. Trois paramètres définissent sa géométrie : le diamètre d, la longueur L et la fréquence des cycles de détonation. La poussée moyenne est calculée en multipliant l'impulsion d'un cycle simple par la fréquence des cycles: ![]() Fréquence limiteLa fréquence des cycles dépend principalement de la longueur L du tube. Comme la poussée est directement proportionnelle à la fréquence, il est important d'estimer la fréquence maximum possible à laquelle l'engin peut fonctionner. Cette fréquence maximum de cycle correspond à une durée de cycle minimum tcycle. Le cycle d'un PDE peut être découpée en trois phases : le remplissage, la détonation et l'expulsion ; d'où : Les calculs montrent que le temps pour la détonation et l'expulsion est égal à ![]() L'impulsion est maximale après cette durée qui correspond au début de surpression négative sur la paroi du tube. Le temps de remplissage, lui, peut être estimé grossièrement en supposant une durée constante de remplissage : ![]() Au final, on en déduit la fréquence maximale de cycle : ![]() Les premières recherchesLes détonations appliquées à la propulsion ont été étudiées seulement dans les cinquante dernières années à cause des difficultés techniques liées au mélange à haute vitesse du combustible et au contrôle de cette détonation avec un rapport de mélange donné. Initiation de la détonationDeux mécanismes existent pour créer une détonation :
![]() La détonationLe principal mécanisme du PDE est la détonation. C'est pourquoi la connaissance de toutes ses caractéristiques est indispensable pour développer un moteur efficace. Les modèlesThéorie de Chapman-JouguetC'est le modèle le plus simple de détonation. Il suppose que la détonation est une simple discontinuité dans l'écoulement et que le taux de réaction chimique est infini. A partir de là, on peut établir des outils spécifiques aux ondes de détonation. Les équations de conservation s'écrivent : Masse
Energie![]() Ce système a une solution unique qui correspond à l'état de Chapman-Jouguet ; il définit une vitesse pour l'onde de détonation (UCJ) qui est égale à 1 ainsi que la composition des produits de combustion. Modèle ZNDIl a été développé pendant la Seconde Guerre mondiale par Zeldovich, Neumann et Döring pour prendre en compte la vitesse de réaction chimique. Le modèle ZND décrit l'onde de détonation comme une onde de choc immédiatement suivie par une zone de réaction chimique (la flamme). L'épaisseur de cette zone est donnée par le taux de réaction. La théorie ZND donne la même vitesse de réaction et les mêmes pressions que la théorie Chapman-Jouguet mais prend en plus en compte l'épaisseur de l'onde. Les détonations réellesLes détonations sont en réalités des structures en trois dimensions comprenant des ondes de choc et des zones de réaction. Les ondes de chocs sont constitués de segments de courbes ; à chaque ligne de détachement, les ondes de choc interagissent sous forme de configurations de Mach. La taille de ce motif en forme d'écailles de poisson créé par les intersections d'ondes de choc est caractéristique du taux de réaction chimique du mélange et définit ainsi une échelle caractéristique de la cellule de réaction. La taille de ces cellules est un facteur limitant pour le diamètre du tube : une détonation ne peut pas se propager dans un tube de diamètre inférieur à la taille de cellule divisé par Pi, cette limite correspondant à des détonations hautement instables. La propagation de la détonationLes conditions aux limitesL'analyse de la dynamique des gaz requiert de connaître ce qui se passe quand l'onde de détonation incidente atteint l'extrémité ouverte du tube. Cette interface peut être modélisée en 1D comme une surface de contact. Quand l'onde de détonation atteint cette surface, une onde transmise va se propager vers l'extérieur du tube tandis qu'une onde réfléchie repart vers l'intérieur du tube. Dans le cas d'une détonation se propageant dans de l'air à une atmosphère, l'onde transmise sera toujours une onde de compression. L'onde réfléchie peut être de compression ou de détente. La façon la plus simple de déterminer sa nature est d'utiliser le diagramme Pression/Vitesse. Analyse de la dynamique des gazLa dynamique des gaz dans une tube idéal (c'est-à-dire sans obstacles) peut être analysée grâce au diagramme distance/temps. Ce diagramme x-t représente l'onde de détonation se propageant à la vitesse Chapman-Jouguet UCJ suivie par une onde de détente de Taylor. Est représentée aussi la première caractéristique réfléchie à l'interface gaz/air en sortie de tube. Cette caractéristique à une pente initiale déterminée par les conditions à l'interface qui est modifiée par l'interaction avec l'onde de Taylor. Une fois qu'elle a franchi cette onde de Taylor, la première caractéristique se propage à la vitesse du son dans le milieu c3. La région derrière cette première caractéristique est complexe car l'onde de détente réfléchie intéragit aussi avec l'onde de Taylor. ![]() Deux temps caractéristiques peuvent être définis : t1 correspondant à la réflection de l'onde de détonation à l'interface externe et t2 correspondant au temps nécessaire à la première caractéristique réfléchie pour atteindre l'extrémité fermée. ![]() Calcul de l'impulsion spécifiqueEn reprenant la formule exposée plus haut : ![]() La dernière partie de l'intégrale de pression entre t2 et T est modélisé en introduisant un temps t3 exprimé à l'aide du paramètre &beta: ![]() Le paramètre %alpha est déterminé par l'interaction de l'onde réfléchie et de l'onde de Taylor. Le paramètre %beta est calculé numériquement ou déterminé par expérimentation. La purge du moteurLa phase de purge est importante pour déterminer la fréquence du moteur. Les tuyèresLa conception et l'intégration de tuyères pour PDE est délicate à cause de la nature hautement instationnaire de la propagation des ondes de détonation. Les études actuelles ne permettent pas de converger sur une conclusion commune quand aux mécanismes d'interaction entre la tuyère et l'onde de choc, notamment quand les ondes de choc viennent perturber la phase de remplissage. En général, une tuyère divergente donne une meilleure impulsion spécifique mais avec un certain retard par rapport au cas sans tuyère, ce qui peut affecter la fréquence de cycle. Considérations structuralesUn aspect important de la conception des moteurs est l'optimisation de la masse. La masse des PDE est déterminée essentiellement par le choix des matériaux et l'épaisseur des parois puisque la longueur et le diamètre sont fixés par la performance. TraînéeUn effet curieux de l'utilisation d'un moteur PDE sur un avion à haute altitude serait l'apparition d'une traînée irrégulière, avec l'allure d'un rang de perles blanches plutôt qu'une traînée continue. Ce type de propulsion est attribué par certains[1] à l'hypothétique avion de reconnaissance américain Aurora. FictionCette propulsion est utilisée dans le film Furtif sorti en 2005. Références
[R1] AIAA 2001-3811 An analytical model for the impulse of a single-cycle pulse detonation engine – E. Wintenberger, J.M. Austin, M. Cooper, S. Jackson. |
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