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La région de la Nouvelle-Angleterre (en anglais New England) est située au nord-est des États-Unis. Elle compte 14 millions d'habitants. L'appellation est antérieure à l'indépendance des États-Unis, mais ne correspond pas à une entité administrative. La région est composée de six États : Boston, dans le Massachusetts est son principal centre économique et culturel. La Nouvelle-Angleterre est peut-être la région des États-Unis qui possède l'identité culturelle la plus forte, avec une plus grande uniformité culturelle et historique que les autres régions du pays. Cependant, le nord de la Nouvelle-Angleterre est principalement rural, tandis que le sud est essentiellement urbain, une différence qui a toujours existé. L'ouest et l'est partagent ces mêmes différences, mais on ne trouve généralement pas à l'Ouest l'accent bostonien qui identifie la Nouvelle-Angleterre aux yeux des Américains. Néanmoins, malgré la présence toute proche de la mégalopole new-yorkaise, la Nouvelle-Angleterre est une région à l'identité clairement définie.
HistoireLa Nouvelle-Angleterre est peut-être, parmi les grandes régions américaines, celle qui est la mieux définie, avec son homogénéité culturelle et son héritage historique commun. Elle tient une place majeure dans l'histoire des États-Unis. De la fin du XVIIIe siècle au milieu du XIXe siècle, elle domine le pays en matière de politique et de culture, et elle est au cœur de son économie. Les premiers colons européens de la Nouvelle-Angleterre étaient des puritains anglais en quête de liberté religieuse. Ils ont donné à l'organisation politique régionale son trait distinctif, les « town meetings », réunions des habitants de chaque ville, souvent annuelles, pour y discuter les sujets politiques locaux et voter les décisions. On y voit une extension des réunions qui étaient tenues par les « anciens » dans les paroisses. Ces réunions se tiennent encore de nos jours dans beaucoup de communes de la Nouvelle-Angleterre, et ont été établies comme base de dialogue sur la scène politique nationale. L'enseignement est un autre legs important de la région. La Nouvelle-Angleterre abrite des universités aussi prestigieuses qu'Harvard et Yale. Harvard, la première université des États-Unis, a été fondée à Cambridge près de Boston en 1636. En l'absence de terre fertile pour l’agriculture, la région s'est tournée vers le commerce, notamment maritime avec une importante flotte de commerce, et la pêche (notamment celle à la baleine) qui sont devenues les industries dominantes. Dès le XVIIe siècle, les bateaux bostoniens faisaient du commerce avec les Antilles : ils exportaient du bois, de la farine, du poisson, de l'huile de baleine et importaient du sucre, des mélasses, du tafia[1]. Ce commerce stimula la production métallurgique et textile, de même qu'elle permit le développement des chantiers navals et des distilleries[2]. Les navires américains traversaient même l'Atlantique nord pour les besoins du commerce. Cette entorse au mercantilisme et cette concurrence américaine inquiétèrent rapidement les marchands anglais. Avec le temps, de nombreux habitants ont émigré vers l'ouest. Vers 1775, la Nouvelle-Angleterre compte 500 000 habitants, dont la moitié vivent dans le Massachusetts[3]. Le peuplement est alors très homogène, pour l'essentiel constitué d'habitants des îles britanniques ; il y a 12 000 Noirs à cette époque[3]. Les deux principales villes sont Boston (16 000 habitants) et Newport (11 000 habitants)[4]. Pendant la Révolution industrielle, la Nouvelle-Angleterre est devenue un des secteurs les plus industrialisés du monde. Les immigrés d'Irlande et du Québec sont venus pour travailler dans les usines, en particulier du secteur textile. C'est un des plus grands centres manufacturiers des États-Unis, célèbre pour la confection, l'industrie du cuir, et la fabrication de machines. Près de 5 millions d'habitants ont des ancêtres français ou plutôt "Canayens", c’est-à-dire Canadiens Français (des Québécois) des immigrations de la Nouvelle-France dans les "factories" des tisserands. Leurs descendants sont des "Franco-Américains", dont un certain "Jack Kerouac" [Né "Jean-Louis Kerouac"] de la "Beat Generation" ("cf. On the Road"). Ils forment des enclaves catholiques romaines aux noms francophones comme "Audubon", "Ausable", etc. La Nouvelle-Angleterre est également importante pour sa contribution à la culture du pays. Ses habitants sont fiers de faire partie de la plus ancienne des régions américaines. Elle a sa propre cuisine, son dialecte, son architecture et son mode de gouvernement. La cuisine de la Nouvelle-Angleterre est connue pour son utilisation des fruits de mer et des produits laitiers, et le clam chowder de palourde, le homard, les poissons, dont la morue, ainsi que la crème glacée. Ces dernières sont particulièrement populaires dans la région. En architecture, la région se distingue par ses maisons simples en bois, les églises blanches typiques de beaucoup de petites villes, et les vieux phares qui jalonnent la côte atlantique. La Nouvelle-Angleterre est également bien connue pour sa chaleur estivale, son froid mordant l'hiver, et les feuillages colorés de l'automne. C'est une destination touristique populaire. En politique, la Nouvelle-Angleterre tend à être progressiste. Historiquement plus proche de l'Angleterre que d'autres régions des États-Unis, elle est souvent plus réceptive aux idées et à la culture européennes que le reste du pays. Au XXe siècle, la plupart des industries traditionnelles de la Nouvelle-Angleterre l'ont quittée pour d'autres États ou pour l'étranger en raison de coûts de production plus bas. Dans de nombreuses villes industrielles, certains ouvriers pourtant qualifiés sont au chômage. Les pertes dans le secteur industriel ont été en partie compensées par les industries de la microélectronique, de l'informatique et de biotechnologies, s'appuyant sur le fort potentiel universitaire de la région. GéographieGénéralitésLa Nouvelle-Angleterre est constituée de six états : le Maine est le plus septentrionnal ; il marque la frontière avec le Canada. Il s'agit de l'état le plus pauvre avec les densités les plus faibles de Nouvelle-Angleterre (15 hab./Km²). L'état le plus au sud est le Rhode Island, c'est aussi l'état le plus petit. L'état le moins peuplé est le Vermont. Le Connecticut connaît les densités les plus fortes. La Nouvelle-Angleterre est tournée depuis le XVIIe siècle vers l'Océan Atlantique : elle se trouve plus près de l'Europe occidentale que New York et profite de cet avantage jusqu'à l'avènement de la marine à vapeur et du percement du canal Érié. La configuration de la côte, qui offre de nombreux abris naturels, a longtemps été favorable à l'activité marchande et halieutique. Si bien que les habitants ont plutôt délaissé l'agriculture pendant l'époque coloniale. ReliefLe relief de l'intérieur de la Nouvelle-Angleterre est constitué de monadnocks[5] qui désignent des buttes résiduelles, dégagées par l'érosion. Dans le New Hampshire, le mont Monadnock atteint 965 mètres d'altitude. LittoralClimatLa Nouvelle-Angleterre bénéficie d'un climat de façade orientale[6]. Les hivers sont généralement longs et rigoureux durant lesquels surviennent des blizzards, les étés sont chauds et sont arrosés par d'abondantes pluies et orages, ce qui donne à la région un aspect verdoyant .Les printemps y sont doux et pluvieux ainsi que l'automne qui est certainement la plus belle et la plus agréable des saisons dans la région. Il est courant que dès le mois d'octobre on assiste aux premières chutes de neige sur les hauteurs du Vermont et New Hampshire.
Principales villesLes principaux centres urbains sont principalement situés dans le Sud de la région, et souvent intégrés à la mégalopole du BosWash. Principales villes de Nouvelle-Angleterre[8] :
Ensembles régionauxOn peut distinguer trois grands ensembles régionaux en Nouvelle-Angleterre : un nord peu peuplé et couvert de forêts. Le sud est la région la plus urbanisée, sous l'influence de New York et de Boston. Enfin, une région intermédiaire se trouve entre les deux. Le Nord de la Nouvelle-AngleterreLe CentreLe Sud de la Nouvelle-AngleterreCette région correspond à la partie septentrionnale de la mégalopole américaine, qui court de Boston à Washington DC. Faune et floreUne région couverte de forêts70 % de la Nouvelle-Angleterre, soit 13 millions d'hectares, sont couverts par la forêt[9]. DémographieLa croissance démographique de la Nouvelle-Angleterre est lente : la population est passée de 10,5 millions d'habitants en 1960[10] à 14 millions en 2000. Le solde migratoire est négatif et le vieillissement est plus marqué que dans d'autres régions des États-Unis. PolitiqueOrganisationEn Nouvelle-Angleterre, un town est une municipalité dont l’importance est supérieure au comté. Dans le Connecticut, le Rhode Island et sept comtés du Massachusetts, les comtés existent en tant que simples divisions géographiques, mais n’ont pas de pouvoirs. Dans les autres États, les towns ont les mêmes attributions que les comtés américains. Contrairement aux autres municipalités (cities en anglais) qui ont un maire et un conseil municipal, les towns de la Nouvelle-Angleterre disposent d’une assemblée formée par les habitants (town meetings)[11] et d’un conseil (board of selectmen) chargé d’exécuter les décisions. Une région progressisteLa région est vue comme la région la plus progressiste des États-Unis. De l'abolition de l'esclavage au mariage entre les homosexuels, en passant par la protection de l'environnement (application au niveau des États du Protocole de Kyoto), on y voit toujours un esprit révolutionnaire. Politiquement, tous les États de la région, sauf parfois le New Hampshire, sont situés à gauche. John Kerry, le candidat démocrate de l'élection présidentielle de 2004 aux États-Unis, habite à Boston. ÉconomieGénéralitésEn 2005, le PIB de la Nouvelle-Angleterre était de 679 250 millions de dollars, soit 5,5 % du PIB américain[12].
Secteur primaireL'agriculture est le parent pauvre de l'économie de la Nouvelle-Angleterre : les terres acides sont fréquentes, l'intérieur de la région, dominé par la moyenne montagne, est peu propice aux cultures. Le climat frais, la saison végétative courte et les sols minces ont longtemps été des contraintes importantes pour les paysans. Il existe cependant de bonnes terres autour du Lac Champlain et dans les vallées ; avec les progrès de l'urbanisation et la croissance démographique, l'agriculture commerciale s'est développée à partir de la deuxième moitié du XVIIIe siècle. L'élevage ovin fournissait à cette époque la laine indispensable aux filatures. Mais l'agrandissement du territoire américain vers l'ouest et la révolution des transports ont empêché un réel essor agricole. Aujourd'hui, l'agriculture représente peu dans l'économie de la Nouvelle-Angleterre : 0,8 % de la population active est employée dans ce secteur[14]. Une agriculture périurbaine (maraîchage, élevage bovin) fournit les produits nécessaires aux grandes villes de la côte. La Nouvelle-Angleterre enregistre des succès relatifs dans les productions spécialiées telles que le sirop d'érable, les bleuets et les airelles. Le Maine se tourne vers l'élevage avicole. L'exploitation du bois est une activité importante du secteur primaire, depuis le XVIIe siècle. À cette époque, les chantiers navals consommaient d'énormes quantités de bois pour la construction des navires. Aujourd'hui, les besoins en bois ont changé : fabrication du papier et bois de chauffe sont les secteurs les plus dynamiques. Enfin, la pêche a subi des mutations depuis l'époque des colons : les anciens ports baleiniers (New Bedford, Nantucket, Newport, Hyannis, etc.) ont reconverti une partie de leurs infrastructures en port de plaisance, ou sont devenus des stations balnéaires fréquentées par les citadins. La pêche reste l'un des points forts de l'économie, avec 18 % de la valeur américaine[15]. New Bedford reste le premier port de pêche des États-Unis. L'aquaculture occupe une partie des effectifs. Secteur secondairePrivée de minerais, de charbon et d'hydrocarbures, la Nouvelle-Angleterre ne s'est pas orientée vers les industries lourdes. Cependant, la région est dotée d'atouts qui ont permis une industrialisation précoce de la région : des cours d'eau en abondance, ponctués de chutes, une population nombreuse et animée d'un esprit d'entreprise, une main d'œuvre immigrée, longtemps bon marché. Les premières industries étaient les filatures, les forges et les scieries de l'époque coloniale. Au XIXe siècle, les conserveries se sont épanouies grâce aux produits de la pêche. Avec la conquête de l'Ouest, la Nouvelle-Angleterre est devenue l'un des centres de production d'outils et de charriots. Les industries mécanique et textile ont longtemps dominé l'économie de la région[16]. Les industries militaires ont pris leur essor pendant la Seconde Guerre mondiale. Après 1945, une période de crise a secoué le secteur secondaire de la Nouvelle-Angleterre : la concurrence des états du Sud, le renchérissement de la main d'œuvre ont été les facteurs de la désindustrialisation qui a surtout touché le textile: on comptait 250 000 employés dans ce secteur en 1960 ; ils ne sont plus que 30 000 en 1992[17] Depuis les années 1970, l'industrie de la Nouvelle-Angleterre se tourne vers la haute technologie : aérospatial, nucléaire civil, complexe industrialo-militaire, informatique et biotechnologie représentent 25 % des effectifs industriels[18]. La Nouvelle-Angleterre est devenu la deuxième région pour les industries de pointe, derrière la Californie. Ce succès s'explique par l'ampleur des investissements privés, les commandes de l'État fédéral mais aussi par une main d'œuvre très qualifiée et une coopération étroite entre les entreprises et les universités. Aujourd'hui, les fleurons industriels de la Nouvelle-Angleterre sont Gilette (basée à Boston), United Technologies, General Electric (siège à Fairfield (Connecticut)), Digital Equipment (Maynard (Massachusetts)), Polaroïd (Cambridge), Xerox (Stamford (Connecticut)). Secteur tertiaireLa vitalité du secteur tertiaire tient à trois domaines : l'enseignement supérieur, les finances, le tourisme. De nombreuses compagnies d'assurance ont leur siège en Nouvelle-Angleterre : Aetna Life est installée à Hartford. Le tourisme est favorisé par de nombreux atouts : des sites naturels et historiques, des montagnes avec quelques stations de ski, des lacs et des rivières protégées. Le littoral constitue une zone de loisirs pour les citadins de la mégalopole : le Cap Cod est l'un des endroits les plus fréquentés en été. Culture
NaissancesPersonnalités originaires de Nouvelle-Angleterre :
Personnalités étrangères, installées et décédées en Nouvelle-Angleterre :
Voir aussiNotes
Bibliographie
Liens internesLiens externes |
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