Nouvelle-Zélande

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Nouvelle-Zélande (fr)
Drapeau de la Nouvelle-Zélande Blason
(Détails) (Détails)
Devise nationale : aucune
Langues officielles Anglais, Maori, Langue des signes néo-zélandaise[1]
Capitale Wellington
41°17′S 174°27′E / -41.283, 174.45
Plus grande ville Auckland
Forme de l’État
 - Reine
- Gouverneur général
- Premier ministre
Monarchie parlementaire
Élisabeth II
Anand Satyanand
John Key
Superficie
 - Totale
 - Eau (%)
Classé 73e
268 680 km²
Négligeable
Population
 - Totale (2005)
 - Densité
Classé 120e
4 105 327 hab.
15 hab./km²
Indépendance
 - Statut de dominion
- Ratification du
Statut de Westminster
du Royaume-Uni
26 septembre 1907
25 novembre 1947
Gentilé Néo-Zélandais,
Néo-Zélandaises
IDH (2006) 0.936 () 20
Monnaie Dollar néo-zélandais (NZD)
Fuseau horaire UTC +12 (été +11)
Hymne national God Defend New Zealand[2]
God Save the Queen[2]
Domaine internet .nz
Indicatif
téléphonique
+64


La Nouvelle-Zélande est un pays de l'Océanie, au sud-ouest de l'océan Pacifique, constitué de deux îles principales (l'île du Nord et l'île du Sud), et de nombreuses îles beaucoup plus petites, notamment l'île Stewart et les îles Chatham.

Située à environ 2 000 km de l'Australie dont elle est séparée par la mer de Tasman, la Nouvelle-Zélande est très isolée géographiquement. Cet isolement a permis le développement d'une flore et d'une faune endémiques très riches et variées, allant des kauri géants aux insectes weta et en passant par les kaponga et le kiwi, ces deux derniers étant des symboles du pays.

La population est majoritairement d'origine européenne, tandis que les Maori forment la minorité la plus nombreuse. Les peuples d'origine polynésienne non-maori, ainsi que les asiatiques, représentent également d'importantes minorités, particulièrement dans les régions urbaines.

L'histoire de ce pays est l'une des plus courtes du monde, car il s'agit d'un des derniers territoires découverts par l'Homme : en effet les Maori y sont arrivés entre 1050 et 1300[3], tandis que les Européens n'y débarquèrent qu'en 1642. Ancienne colonie britannique, dominion en 1907, puis complètement indépendante depuis 1947, elle maintient de forts liens avec le Royaume-Uni, ainsi qu'avec l'Australie (pays anglo-saxon le plus proche et partageant une partie de son histoire).

Le pouvoir politique est tenu par le Parlement démocratiquement élu, sous la direction du Premier ministre, le chef de gouvernement.

Sommaire

Étymologie

Si la façon dont les Maoris désignaient la Nouvelle-Zélande avant l'arrivée des Européens est inconnue, on sait qu'ils appelaient l'île du Nord Te Ika-a-Māui (« le poisson de Māui »), et l'île du Sud Te Wai Pounamu (« eaux de jade ») ou Te Waka-a-Māui (« le waka de Māui »). Jusqu'au début du XXe siècle, l'île du Nord était également appelée Aotearoa, souvent traduite comme « pays du long nuage blanc ». En usage maori actuel, ce nom fait référence à tout le pays[4],[5].

Le premier nom européen de la Nouvelle-Zélande fut Staten Landt, donné par l'explorateur néerlandais Abel Tasman, qui fut en 1642 le premier Européen a avoir vu ces îles. Tasman présuma que ces terres faisaient partie d'un continent austral découvert en 1615 au sud du continent sud-américain par Jacob Le Maire[6].

Le nom de Nouvelle-Zélande trouve ses origines chez les cartographes néerlandais de l'époque, qui baptisèrent les îles Nova Zeelandia en honneur de la province néerlandaise de Zélande. L'origine du nom pour ces îles lointaines n'est pas vraiment connue, mais il apparaît pour la première fois en 1645 et peut avoir été le choix du cartographe Johannes Blaeu[7]. L'explorateur anglais James Cook anglicisera le nom en New Zealand[6], d'où vient la traduction française Nouvelle-Zélande. Le nom n'a aucun lien avec la région danoise de Seeland.

Géographie

Icône de détail Article détaillé : Géographie de la Nouvelle-Zélande.

Géographie physique

Photo satellite du pays prise en décembre 2002

La Nouvelle-Zélande est composée de deux îles principales, l'île du Nord et l'île du Sud, et de nombreuses autres plus petites, certaines d'entre-elles étant même assez éloignées, près du centre de l'hémisphère maritime. La superficie totale est de 268 680 km² en incluant les îles Antipodes, les îles Auckland, les îles Bounty, les île Campbell, les îles Chatham et les îles Kermadec[8], soit un peu moins que l'Italie ou le Japon, et un peu plus que le Royaume-Uni. Le pays s'étend sur plus de 1 600 km sur son axe nord-nord-est et possède 15 134 km de côte[8]. Parmi les autres îles habitées, les plus importantes sont l'île Stewart (au sud de l'île du Sud), l'île Waiheke (dans le golfe de Hauraki), l'île Great Barrier (à l'est dudit golfe), et les îles Chatham (à l'est de l'île du sud).

L'île du Sud (South Island) est la plus grande ; elle est partagée dans toute sa longueur par les Alpes du Sud (Southern Alps), dont le point culminant est le mont Cook avec ses 3 754 mètres d'altitude. Le mont Cook mesurait 3 764 mètres, mais une avalanche a raboté son sommet de dix mètres le 14 décembre 1991.[9] Elle possède dix-huit sommets supérieurs à 3 000 mètres.

L'île du Nord (North Island) est quelque peu montagneuse, mais marquée par le volcanisme et une activité géothermique. Son point culminant, le mont Ruapehu (2 797 m), est d'ailleurs un volcan en activité. Les paysages tourmentés et étranges de la Nouvelle-Zélande lui ont valu l'intérêt des studios de cinéma et de télévision ; son industrie du tourisme a vu un intérêt accru pour le pays après la sortie des films du Seigneur des anneaux, réalisés par Peter Jackson, lui-même néo-zélandais.

La Nouvelle-Zélande possède d'énormes ressources marines : sa zone économique exclusive est la septième plus grande du monde et recouvre quatre millions de kilomètres carrés, soit plus de quinze fois la taille de sa superficie terrestre[10]. Le pays est parsemé de lacs, particulièrement l'île du Sud, mais le plus grand est le lac Taupo, dans l'île du Nord, avec 616 km². L'eau (y inclus les rivières, fleuves, lacs et glaciers) recouvre 659 km²[8].

La Nouvelle-Zélande est isolée géographiquement. Son plus proche voisin, l'Australie, est situé à 2 000 km au nord-ouest. Les terres les plus proches sont le continent Antarctique au sud, et la Nouvelle-Calédonie, les îles Fidji et les îles Tonga au nord. Elle fait partie d'un continent appelé Zealandia, à 93 % submergé. Zealandia fait presque la moitié de la taille de l'Australie et est remarquablement longue et étroite. Il y a environ 25 millions d'années, un changement dans les mouvements des plaques tectoniques ont commencé à étirer Zealandia avec force. Parmi les régions submergées de Zealandia, on trouve le plateau Lord Howe, le plateau Challenger, le plateau de Campbell, la ride de Norfolk et le plateau de Chatham.

La Nouvelle-Zélande fait partie de la Polynésie et constitue l'angle sud-ouest du « triangle polynésien ».

Administration territoriale et territoires externes

Icône de détail Article détaillé : Régions de Nouvelle-Zélande.
Régions de Nouvelle-Zélande

Les premiers colons Européens divisèrent la Nouvelle-Zélande en provinces. Celles-ci furent abolies en 1876 pour que le gouvernement puisse être centralisé pour des raisons économiques. Ainsi, la Nouvelle-Zélande n'a pas de divisions administratives (provinces, états ou territoires), à part son administration territoriale. L'esprit des provinces persiste toutefois, avec une rivalité marquée lors des évènements sportifs et culturels. Depuis 1876 l'administration territoriale administre les régions de Nouvelle-Zélande. En 1989 le gouvernement a complètement réorganisé l'administration territoriale, implémentant la structure actuelle à deux niveaux de conseils régionaux et autorités territoriales. En 1991, le Resource Management Act 1991 remplace le Town and Country Planning Act comme législation principale pour l'administration territoriale[11].

Aujourd'hui la Nouvelle-Zélande a douze conseils régionaux pour l'administration de l'environnement et l'infrastructure et soixante-treize autorités territoriales qui s'occupent des routes, des eaux usées, de la construction et d'autres sujets locaux. Les autorités territoriales comprennent seize conseils communaux, cinquante-sept conseils de district et le conseil du comté des îles Chatham. Quatre des conseils territoriaux (une ville et trois districts) et le conseil du comté des îles Chatham font aussi office de conseils régionaux et sont donc appelés autorités unitaires. Les districts d'autorités unitaires ne sont pas des subdivisions des conseils de district régionaux, et certains sont répartis sur plusieurs conseils régionaux.

Les régions sont : Northland, Auckland, Waikato, Bay of Plenty, Gisborne[12], Hawke's Bay, Taranaki, Manawatu-Wanganui, Wellington, Tasman[12], Marlborough[12], Nelson[12], West Coast, Canterbury, Otago, Southland, et les îles Chatham[12].

En tant que nation importante du Pacifique sud, la Nouvelle-Zélande travaille souvent avec plusieurs autres nations insulaires du Pacifique et continue son association politique avec les îles Cook, Niue et Tokelau. La Nouvelle-Zélande possède également la base antarctique Scott dans la dépendance de Ross. D'autres pays utilisent Christchurch et son aéroport pour ravitailler et soutenir leurs bases antarctiques, lui valant le surnom de « Porte de l'Antarctique » (« Gateway to Antarctica »).

Climat

La température moyenne quotidienne à Wellington — la capitale, au centre du pays — est de 5,9°C en hiver et 20,2°C en été[13]. Le climat de la Nouvelle-Zélande est globalement tempéré, étant de type océanique ; les températures oscillent entre 0°C et 30°C. Les maxima et minima historiques sont 42,4°C à Rangiora (Canterbury), et -21,6°C à Ophir (Otago), respectivement[14]. Les conditions climatiques varient beaucoup selon les régions, de très humide dans la région de West Coast sur l'île du Sud à semi-aride dans le bassin de Mackenzie de l'intérieur du Canterbury et subtropical humide au Northland[15]. Des principales villes du pays, Christchurch est la plus aride, ne recevant que 640 mm de précipitation par an, tandis qu'Auckland, la plus humide, reçoit presque le double. Auckland, Wellington et Christchurch ont toutes une moyenne annuelle de 2 000 heures de soleil.

Biodiversité

Deux Metrosideros excelsa (Pōhutukawa)

Dû à son long isolement du reste du monde et à sa biogéographie insulaire, la Nouvelle-Zélande abrite une faune et flore très particulière. Environ 80 % de la flore n'existe que dans le pays, dont plus de quarante genres endémiques[16]. Des 70 000 espèces terrestres du pays, seulement environ 30 000 ont été décrites. Il y a 3 090 plantes, 5 800 champignons, 10 000 insectes, 2 600 arachnides, 61 reptiles [17] et 336 espèces d'oiseaux (dont 64 espèces endémiques)[18]

L'insularité a protégé cette faune et flore pendant des siècles jusqu'à l'arrivée des humains et des animaux qui voyageaient avec eux. Les Maori ont apporté avec eux le chien polynésien (« kuri ») et la souris polynésienne (« kiore »). La seconde vague d'immigration mit fin à l'insularité de la Nouvelle-Zélande. La multiplication des échanges entre l'Europe, l'Australie et la Nouvelle-Zélande a permis la propagation d'espèces nouvelles, dont certaines invasives. Aujourd'hui parmi les espèces introduites on trouve 33 mammifères, 33 oiseaux, 1 lézard, trois grenouilles, 20 poissons d'eau douce, environ 1 000 invertébrés et environ 6 000 plantes (dont 2 000 plantes fleurissant à l'état sauvage)[17].

Pour enrayer la perte de biodiversité en Nouvelle-Zélande, le Department of Conservation protège environ 30 % du territoire[19]. Ce chiffre est considérable, mais il doit être relativisé et ce pour deux raisons : tout d'abord, la Nouvelle-Zélande est peu peuplée et, d'autre part, la plupart de ces territoires se situent au sud, de sorte que le DoC évite ainsi les conflits d'usage avec les utilisateurs du territoire. Ces mesures associées à des programmes de recherche très ambitieux commencent à porter leurs fruits.

Flore

Avant l'arrivée des humains environ 80 % des terres étaient recouvertes de forêt. Les deux principaux types de forêt qu'on rencontre aujourd'hui sont celles peuplées majoritairement de podocarpes et/ou de kauri géants, et dans les régions à climat plus frais par les Nothofagus, genre d'arbres proche des hêtres de l'hémisphère nord. Les autres types de végétation sont celles des plaines et des régions subalpines, ainsi que les arbustes entre les plaines et les forêts. Les fougères du pays sont également très connues (une espèce, Cyathea dealbata, étant devenue symbole du pays ainsi que de son équipe national de rugby à XV), ainsi que les étonnantes mégaherbes des îles sub-antarctiques du pays.

Faune

Weta femelle

Les forêts furent autrefois habitées par diverses espèces de mégafaune, dont plusieurs oiseaux incapables de voler, comme le moa. Aujourd'hui plusieurs autres oiseaux, dont le kiwi, le kakapo et le takahé, sont en danger d'extinction. Il y a d'autres oiseaux notables : l'aigle géant de Haast (éteint), le nestor superbe (« kākā » en maori), le kereru et le kéa. Les reptiles sont représentés par les scinques, les geckos, et les tuataras. Il y a également quatre espèces de Leiopelma et une seule espèce d'araignée venimeuse, la katipo, rare et habitant les régions côtières ; il n'y a aucune espèce de serpent en Nouvelle-Zélande. Il y a beaucoup d'espèces endémiques d'insectes, dont une, le weta, peut devenir aussi grande qu'une souris et représente l'espèce d'insecte la plus lourde du monde. Quant aux 29 espèces de poisson, 90 % sont endémiques et la plupart sont petites et discrètes ; seulement trois peuvent peser plus de deux kilos : deux espèces d'anguille et le kokopu géant (une autre grande espèce, le grayling, s'est éteinte au début du XXe siècle)[20].

On a longtemps pensé que, à part trois espèces de chauve-souris (dont une éteinte), il n'y avait jamais eu de mammifères terrestres dans le pays. Toutefois, en 2006, des scientifiques ont trouvé des os appartenant à un animal terrestre éteint depuis longtemps, de la taille d'une souris, dans la région d'Otago sur l'île du Sud[21].

Histoire

Icône de détail Article détaillé : Histoire de la Nouvelle-Zélande.

Chronologie jusqu'au Dominion

  • Ier millénaire : les Maoris s'installent sur l'archipel néo-zélandais.
  • 1642 : Abel Tasman, navigateur néerlandais, découvre la côte occidentale en pensant à un continent.
  • 1769-70 : le capitaine James Cook atteint la Nouvelle-Zélande et la cartographie.
  • 1839 : la New Zealand Company est créée.
  • 1840 : le traité de Waitangi est ratifié.
  • 1841 : un gouvernement britannique est mis en place.
  • 1843-48 : première guerre entre Maoris et colons.
  • 1852 : Constitution
  • 1860-70 : deuxième guerre entre Maoris et colons.
  • 1870 : la Nouvelle-Zélande prospère (période calme et découverte de l'or)
  • 1889 : le suffrage universel est instauré.
  • 1891-12 : les libéraux mènent une politique sociale avancée.
  • 1893 : le droit de vote féminin voit le jour.
  • 1907 : la Nouvelle-Zélande accède au statut de dominion britannique.

Avant les Européens

Tūkaitote, la pa de Te Wherowhero, premier roi Maori.

La Nouvelle-Zélande est l'un des territoires les plus tardivement peuplés : les premiers colons sont des Polynésiens de l'est (îles de la Société, îles Cook, les îles australes de Polynésie française[22]) qui arrivent probablement entre 1200 et 1300 après J.C., naviguant dans des waka avec l'aide des systèmes météorologiques subtropicaux[23] ou des oiseaux migrateurs ou des baleines[24],[25], et établissent la culture indigène Maori[26]. C'est vers la même époque que d'autres groupes de Polynésiens s'installent aux îles Kermadec et l'île Norfolk ; ce n'est que plusieurs siècles plus tard[23] qu'ils coloniseront les îles Chatham, y développant leur propre culture Moriori[27],[28].

La date de l'arrivée des premiers Maori varie selon les sources, mais la plupart s'accordent sur le siècle entre 1250 et 1350[29],[30]. L'historien néo-zélandais Michael King suggère le 13ème siècle[31], tandis qu'un autre historien néo-zélandais, James Belich, suggère le milieu du 11ème[32].

Ils arrivent au nord de l'île du Nord[24] et rencontrent les forêts tempérées et des espèces qu'ils n'avaient pas vu auparavant dans les îles à climat plus doux d'où ils étaient originaires (la moa, l'aigle de Haast, la weta...). Ils introduisent le chien et le rat polynésien (« kiore »), le taro, la variété de patate douce appelée kumara, le mûrier à papier et l'épinard hawaïen[22].

Les iwi (tribus) se divisent en hapu (clans) qui peuvent se disputer ou se combattre, mais coopèrent en cas d'hostilité de la part d'un autre iwi à l'encontre du leur. Les hapu, comportant jusqu'à plusieurs centaines de personnes, sont eux-mêmes divisés en whanau (parentèle)[33], aujourd'hui un concept culturel encore très respecté des Maori et à la base de la structure de leur société[34]. Les iwi et hapu pouvaient se modifier sous l'effet des conflits (particulièrement sur les ressources exploitables), de l'élargissement ou diminution du nombre de membres, des fusions...[35] Leurs noms pouvaient venir d'un illustre ancêtre (femme ou homme), d'un évènement marquant dans leur histoire, voire du nom des chefs des groupes ayant décidé de resserrer leurs liens et de fusionner[36].

Les premiers Européens

L'île d'Urville, refuge des premiers explorateurs

Les premiers explorateurs Européens qu'on sait avoir abordé la terre néo-zélandaise sont Abel Tasman, qui arrive de Batavie en 1642, et son équipage (dont Franz Jacobszoon Visscher, pilote-major, et Isaac Gilsemans, qui fera les premiers dessins de la Nouvelle-Zélande[37]), sur les navires Heemskerck et Zeehaen[38]. Plusieurs d'entre eux sont tués par des Maori le 19 décembre de la même année, dans ce qui est aujourd'hui la baie Golden, que Tasman appellera Moordenaers Bay (« Baie des Assassins »)[38]. Quelques jours après leur mort, Tasman écrira dans son journal que c'étaient « de très belles terres »[39] ; ils auraient vu, entre autres régions, les Alpes du Sud[37]. Ils s'arrêtent à l'île d'Urville, où Tasman se doute de l'existence du détroit de Cook, mais dut renoncer à explorer les environs en raison du mauvais temps[37].

Aucun autre Européen ne visite la Nouvelle-Zélande jusqu'au voyage de 1768-1771 du capitaine James Cook à bord de l'Endeavour. Envoyé par le gouvernement britannique, il arrive en 1769 et cartographie presque toute la côte en prenant soin de décrire en détail les terres qu'il explore, que ce soit en Australie ou en Nouvelle-Zélande, pour une éventuelle colonisation[40]. Ces cartes très détaillées seront longtemps utilisées par les explorateurs[41]. Joseph Banks l'accompagnera et dessinera la faune et flore du pays avec Daniel Solander, botaniste, et plusieurs autres dessinateurs ; il ne retournera pas en Nouvelle-Zélande, mais conservera un grand intérêt pour le pays jusqu'à sa mort en 1820[42].

Cook retournera à deux reprises, utilisant la Nouvelle-Zélande comme base pour ses explorations de la côte australienne une fois compris que la Nouvelle-Zélande ne faisait pas partie du continent Terra Australis Incognita[43]. Ayant l'esprit plus ouvert à propos des autochtones des pays qu'il visita, que la plupart de ses concitoyens, essayant de communiquer avec eux, il les présentera à ses supérieurs comme « les possesseurs naturels et légaux des terres qu'ils habitent »[44],[42].

Sur les traces de Cook, on trouve George Vancouver et William Broughton qui partent ensemble à bord des navires Discovery et Chatham ; Vancouver découvrira les Snares et Broughton les îles Chatham en novembre 1791. En février 1793, l'Italien Alessandro Malaspina, commandant d'une expédition espagnole de deux navires, explorera un peu la région, mais dressera peu de cartes. 1820 voit l'arrivée de Fabian von Bellingshausen, commandant deux navires russes, Mirny et Vostok, et qui s'arrêtera à Queen Charlotte Sound avant de continuer vers sa destination, l'Antarctique[41]. Les Français seront également présents dans la région, De Surville la même année que Cook (il rencontrera beaucoup de difficultés et accidents et tuera des Maori), Du Fresne (au début en bons termes avec les Maori, mais la fin de l'expédition se soldera par un massacre d'Européens et de Maori), D'Entrecasteaux, Duperrey et D'Urville[45].

Il sera suivi par de nombreux navires de chasse à la baleine, et au phoque, ainsi que de divers marchands. Ils échangeaient des produits et des vivres européens, particulièrement des outils métalliques et des armes, contre du bois, des vivres, des artefacts et de l'eau des Maori. Parfois les Européens échangèrent leurs produits contre des relations sexuelles[46]. Chez les Maori, l'agriculture et la guerre furent transformées par l'arrivée de la pomme de terre et du mousquet, les Guerres des mousquets qui en résultèrent cessèrent quand ces armes furent plus équitablement réparties parmi les Maori. Les missionnaires chrétiens arrivent en Nouvelle-Zélande au début du XIXe siècle, convertissant progressivement la population maori, mal soutenue par leur foi face à l'invasion de la civilisation occidentale et les maladies européennes pour lesquelles ils n'avaient pas d'immunité[47].

Les iwi deviennent peu à peu plus importants que les hapu, car moins nombreuses et donc plus faciles à gérer pour les Européens, et partout en Nouvelle-Zélande, les Maori se déplacent, certains pour profiter du commerce avec les Européens et d'autres pour les éviter[48].

Le Traité de Waitangi

Signature du Traité de Waitangi

De 1788 à 1840, les îles de Nouvelle-Zélande font officiellement partie de la Nouvelle-Galles-du-Sud (Australie). Se rendant compte du caractère désordonné de la colonisation européenne en Nouvelle-Zélande et de l'intérêt croissant de la France pour ce territoire, le gouvernement britannique envoie William Hobson proclamer la souveraineté britannique et négocier un traité avec les Maori. Le Traité de Waitangi est signé dans la Bay of Islands le 6 février 1840[49]. Ce traité est écrit rapidement et dans la confusion ; on se dispute encore sur la traduction du document en maori. Le traité est vu comme l'acte fondateur de la Nouvelle-Zélande en tant que nation et comme la charte garantissant les droits des Maori.

En 1839 la population totale non-Maori était de 2 000 personnes ; en 1852 elle était de 28 000[50]. À partir de 1840, un nombre grandissant de colons européens émigrent en Nouvelle-Zélande, encouragés par les efforts de la New Zealand Company, qui fondera Wellington un peu avant la signature du Traité ; dans les deux années qui suivent sont fondées Wanganui, Nelson, et New Plymouth. Otago sera fondé en 1848 et Christchurch en 1850[49]. Dans les années 1850 la plus grande partie de l'intérieur de l'île du Nord était connue des Européens ; on attendra les années 1860 et l'arrivée des orpailleurs pour connaître la géographie de l'île du Sud[49]. Deux-tiers des immigrants viendront du sud de l'Angleterre ; peu de personnes d'autres nationalités y émigreront : 281 Allemands à Nelson en 1843-44, 100 Français à Akaroa en 1840, des Écossais (particulièrement de Glasgow et Édimbourg) en Otago... Moins de 2 % viendront d'Irlande[51].

Au début les Maori se lancent avec enthousiasme dans le commerce avec ceux qu'ils appelaient « Pakeha », et de nombreux iwi (tribus) deviennent riches. Mais les conflits se multiplient avec l'augmentation du nombre de colons, pour aboutir aux Guerres néo-zélandaises des années 1860 et 1870, qui provoquent la perte de beaucoup de terres par les Maori. Le détail et l'interprétation de la colonisation européenne et de l'acquisition des terres maori demeurent aujourd'hui controversés. Globalement, la population maori passera de 80 000 à 42 000 personnes entre les années 1840 et 1891[48].

De l'autonomie à l'indépendance

Charrette à bouvillons, Cheviot, circa 1880
Voitures, Newmarket, Auckland, circa 1950

En 1854, le premier Parlement de Nouvelle-Zélande, établi par le Parlement britannique, à travers la New Zealand Constitution Act de 1852, conduit le pays vers une autonomie partielle, et vers la fin du siècle, elle sera entièrement autonome. Cette période verra une explosion démographique, puisqu'en 1870 la population non-Maori atteindra 250 000 alors qu'en 1853 elle était de 30 000[52].

En 1893, elle est le premier pays à donner le droit de vote aux femmes. La Nouvelle-Zélande devient un dominion indépendant en 1907 et le pays est entièrement indépendant en 1947 lors de la ratification du Statut de Westminster de 1931 ; en pratique le Royaume-Uni avait cessé depuis longtemps de jouer un quelconque rôle dans la politique du pays. Plus elle devenait indépendante politiquement, plus elle le devenait aussi économiquement : dans les années 1890, la réfrigération dans le transport des produits commerciaux permet à la Nouvelle-Zélande de baser toute son économie sur l'exportation de la viande et de produits laitiers vers le Royaume-Uni.

La Nouvelle-Zélande est un membre enthousiaste de l'Empire colonial britannique, envoyant des hommes lutter dans la Guerre des Boers et la Première et Seconde Guerre mondiale ; elle le soutient également lors de la crise du canal de Suez. Le pays fait partie de l'économie mondiale et souffre comme les autres pendant la Grande Dépression des années 1930. Cette dépression mène à l'élection du premier gouvernement travailliste, qui établit un État-providence et une économie protectionniste.

La Nouvelle-Zélande entre dans une période de prospérité grandissante après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Toutefois, certains problèmes sociaux se développent en même temps. Les Maori commencent à migrer vers les villes et abandonnent peu à peu leur mode de vie traditionnel : en 1936, 83 % habitaient en région rurale et 17 % en ville ; en 1986, les pourcentages étaient presque inversés avec 80 % des Maori en ville[48]. Le recensement de 2001 révèle que 20 % des Maori ne connaissent pas leur iwi d'origine, et beaucoup de ceux qui s'en souviennent ne connaissent pas leur hapu[48]. La jeunesse maori n'ayant connu que la ville, se sentait détachée de leur culture et de leur famille, isolée dans la pauvreté urbaine, et se rebella en créant et rejoignant des gangs[53], mais aussi des groupes culturels, de soutien et d'éducation sur la culture maori pour accompagner tous ceux voulant reconnecter avec leurs origines[54]. On construira des marae urbains ouverts à tous, Maori ou Pakeha[55].

Le mouvement de protestation maori se forme, critiquant l'eurocentrisme et cherchant une meilleure reconnaissance de la culture maori et du traité de Waitangi, qu'ils considéraient trahi[54]. En 1975 est créé le Tribunal de Waitangi, qui enquête sur les violations du traité dès 1985. Comme dans les autres pays développés, les mœurs et le comportement politique changent pendant les années 1970 ; le commerce avec le Royaume-Uni est fragilisé par son adhésion à la Communauté européenne. De grands changements économiques et sociaux ont lieu dans les années 1980 sous le quatrième gouvernement travailliste, particulièrement par la politique du ministre des finances, Roger Douglas.

Aujourd'hui, l'économie de la Nouvelle-Zélande étant moins forte que celle de l'Australie et d'autres nations développées[56], on voit une fuite des cerveaux de jeunes Néo-Zélandais vers l'Australie en particulier (35 300 de septembre 2006 à septembre 2007[57]), mais aussi le Royaume-Uni et d'autres pays anglophones ; c'est également le cas des Maori[58]. Dans la même période, on a vu 13 579 Australiens migrer en Nouvelle-Zélande[57].

Politique

Icône de détail Article détaillé : Politique de la Nouvelle-Zélande.

Gouvernement

Helen Clark, Premier ministre

La Nouvelle-Zélande est une démocratie parlementaire indépendante et officiellement une monarchie constitutionnelle. Le monarque du Royaume-Uni, actuellement Élisabeth II, est le chef d'État en tant que monarque de Nouvelle-Zélande. En son absence, elle est représentée par un Gouverneur général, poste occupé actuellement par Anand Satyanand. La reine « règne mais ne gouverne pas »[59] ; elle n'a aucune influence politique, sa fonction étant surtout symbolique[60].

Il n'y a pas de constitution écrite ; le Constitution Act 1986 est le principal document formel qui traite de la structure constitutionnelle du pays ; le premier Constitution Act date de 1852[61]. Le gouverneur général a le pouvoir de nommer et de limoger le Premier ministre et de dissoudre le Parlement. Il est également à la tête du Conseil exécutif, un comité formel consistant en tous les ministres de la Couronne. Les membres du Conseil doivent être membres du Parlement, et la plus grande partie sont au cabinet. Le cabinet est l'organe exécutif le plus haut placé ; il est dirigé par le Premier ministre, qui est également le leader parlementaire du parti ou de la coalition au pouvoir.

Le Parlement de Nouvelle-Zélande n'a qu'une chambre, la Chambre des représentants, qui réunit normalement 120 députés[62]. L'ancienne chambre haute, le Conseil législatif, a été abolie en 1951. Les élections législatives se tiennent tous les trois ans sous une forme de scrutin proportionnel plurinominal appelé représentation proportionnelle mixte, introduite en 1993 suite à un référendum[62]. Les élections législatives de 2005 ont amené la création d'un siège supplémentaire (overhang) au Parlement, occupé par le Parti maori ; en effet, il a obtenu plus de sièges au scrutin par circonscription que son score au scrutin par liste lui en aurait donnés (cf. le système de calcul en représentation proportionnelle mixte).

John Key, leader de l'opposition

Le Premier ministre est actuellement, et pour la 3e fois - 1999-2005 - Helen Clark, membre du Parti travailliste de centre-gauche, réélue de justesse en septembre 2005 pour un 3e mandat. Les travaillistes forment une coalition formelle avec Jim Anderton, le seul parlementaire du Parti progressif. En plus des partis de cette coalition, New Zealand First et United Future se sont engagés à soutenir l'exécutif lors des votes de confiance et sur le budget, en échange de postes de ministres (hors cabinet) pour leurs leaders. Les Verts ont également pris cet engagement. Depuis le début de 2007, le Parti travailliste a également le vote proxy de Taito Phillip Field, ancien député travailliste devenu indépendant. Ces accords assurent au gouvernement une majorité de sept parlementaires lors des votes de confiance.

Le leader de l'opposition est John Key du Parti national (centre-droit). Le parti ACT et le Parti maori sont également dans l'opposition. Les Verts, New Zealand First et United Future votent tous contre le gouvernement sur certains sujets.

Le Parlement à Wellington

Le tribunal supérieur est la Cour Suprême de Nouvelle-Zélande, depuis le Supreme Court Act 2003, qui a aboli la possibilité d'appel au comité judiciaire du Conseil privé de Londres[63]. La présidente de la Cour suprême est la Dame Sian Elias. Le système judiciaire inclut également la Haute Cour et la Cour d'appel ainsi que des cours inférieures.

C'est le seul pays au monde où tous les postes de premier rang ont déjà été occupés par des femmes: la Reine ; l'ancien gouverneur général, la Dame Silvia Cartwright ; le Premier ministre Helen Clark ; le président de la Chambre des représentants Margaret Wilson, et le président de la Cour suprême, la Dame Sian Elias, ont occupé ces postes entre mars 2005 et août 2006[64]. La Nouvelle-Zélande est également le premier pays à avoir donné aux femmes le droit au vote, en 1893[62].

Ce que l'on nomme le « Royaume de Nouvelle-Zélande » (Realm of New Zealand) inclut les îles Cook et Niue, autonomes, mais en association libre, Tokelau, et la dépendance de Ross (la revendication territoriale de la Nouvelle-Zélande en Antarctique).

Relations internationales et forces militaires

HMNZS Endeavour

La Nouvelle-Zélande est particulièrement en pointe sur les sujets touchant à l'écologie, les droits de l'Homme et le libre-échange, particulièrement en agriculture.

Elle est membre des organisations géopolitiques suivantes : l'APEC, East Asia Summit, le