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L’occitan ou langue d’oc (en occitan : occitan, lenga d’òc) est une langue romane parlée dans la moitié sud de la France, les Vallées occitanes et la Guardia Piemontese (en Italie), le Val d’Aran (en Catalogne) et à Monaco (niçois)[1]. L’Occitanie peut être définie comme l’espace linguistique et culturel de l’occitan. Au Moyen Âge, l’occitan a été à la fois une langue littéraire (utilisée comme langue des arts dans toute l'Europe) et véhiculaire (langue juridique et administrative jusqu’à l'ordonnance de Villers-Cotterêts au XVIe siècle). L’occitan présente une richesse certaine (vocabulaire, expressivité, capacité d’évolution), une grande variabilité (diversité dialectale et accentuations) qui n’empêche pas la compréhension entre les locuteurs des différents dialectes. Il dispose d’une grande production culturelle et d’une littérature prestigieuse[2], anciennes et vivaces à la fois. Le terme « langue d’oc » apparaît chez Dante vers 1290 et le terme latin lingua occitana, qui en dérive, apparaît aussitôt après au XIVe siècle dans des textes administratifs. « Langue d’oc » et « occitan » sont synonymes dans la linguistique romane, dans la quasi-totalité du mouvement culturel depuis le XIXe siècle ainsi que dans les textes administratifs récents[3]. Le nombre de ses locuteurs fait l’objet de controverses, l’évaluation qui en est faite variant de 583 000[4] à trois millions et demi[5] voire même à douze millions[6] de personnes- selon les sources (celles-ci confondent souvent pratique active et connaissances passives permettant la compréhension orale ou écrite sans parler ou écrire la langue)[7]. Son aire d’expansion géographique couvre 33 départements du sud de la France (39 en comptant les départements minoritairement occitans), 14 vallées occitanes (dans les Alpes piémontaises) et Guardia Piemontese en Italie), le Val d’Aran et en Espagne. Noms de l’occitanÀ l’époque moderne, on l’appelle parfois provençal sous l’influence considérable du mouvement littéraire Félibrige et de son Prix Nobel Frédéric Mistral. C’est aussi l’appellation que les Italiens donnaient à la langue au Moyen Âge, et c’est ainsi que l’on nomme encore couramment la langue en anglais ("provençal"). Toutefois cette appellation présente une ambiguïté car elle désigne également le dialecte provençal (que par ailleurs une minorité considère comme une langue distincte[8]), d’autre part l’expression « langue d’oc » fait penser d’emblée au dialecte languedocien. Sans doute pour ces raisons le terme généralement considéré comme le plus clair est « occitan ». Certains valenciens nomment occitan l’ensemble occitano-roman (catalan et occitan[9]). L’occitan fut appelé autrefois, lenga romana, romans[10] aux XIIIe et XIVe siècles (terme utilisé au XIXe siècle pour désigner l’ancien occitan), limousin au XIIIe siècle, mondin ou raimondin, gascon au XVIe siècle, catalan, provençal aux XIIIe et XIXe siècles ; ou encore lingua occitana au XIVe siècle, langue d’oc (voire occitanique, occitanien). Les Occitans eux-mêmes disaient lo romans (roman), lo lemozi(n) (limousin) ou lo proensal (provençal) au XIIIe siècle . L’expression « langue d’oc » fut créée par Dante vers 1290 et l’expression lingua occitana (langue occitane) apparut presque aussitôt dans des textes administratifs en latin. Cependant, les termes « occitan » et « Occitanie » ne se sont généralisés que depuis le XIXe siècle et davantage encore depuis la seconde moitié du XIXe siècle. Les Occitans ont utilisé et utilisent toujours d’autres formules pour désigner leur langue, comme « la lenga nòstra » (notre langue) « parlam a nòstra mòda » (nous parlons à notre manière) ou encore en Gascogne « Que parli » (je parle). Dans certaines régions, les locuteurs âgés utilisent le terme de patois (Larousse : parler local, rural et d’extension restreinte) pour désigner leur langue, mais ce terme est également rejeté de nos jours pour ses connotations ressenties comme péjoratives. Ailleurs, dans les régions à forte identité, le nom de la province sert à désigner la langue. On dit : « l’auvergnat, le limousin, le gascon, le béarnais, le provençal, le niçois… » (qui désignent donc des dialectes et sous-dialectes occitans) Régions occitanes
L’occitan dans le mondeDes enclaves d’occitans ont été créées :
Montpelier (Idaho), Oregon, Californie, mais aussi Valdese (Caroline du Nord) Histoire de Valdese en anglais, Montpelier (Vermont), Monett (Missouri); ainsi qu’en Louisiane dans la région de Baton Rouge de Arnaudville et de Houma où l’on utilise un parler cajun occitan.
Certaines de ces enclaves parlent encore aujourd’hui l’occitan ou utilisent un dialecte local mêlé à de l’occitan[18]. Famille linguistiqueL’occitan constitue avec le catalan le groupe occitano-roman de la Romania occidentale : il fait la transition entre gallo-roman et ibéro-roman, d’après le linguiste Pierre Bec (Manuel pratique de philologie romane, Paris, Picard, 1970). L’occitan et le catalan sont proches linguistiquement et permettent l’intercompréhension. Le catalan est plus proche de l’occitan qu’il ne l’est du castillan (communément appelé "espagnol") ou du portugais. De même, l’occitan est plus proche du catalan que du français ou que du francoprovençal. Certains romanistes comme A. Sanfeld, qui ne représentent cependant pas l’opinion majoritaire, vont même jusqu’à inclure ces deux langues sous la même dénomination linguistique d’occitan. Jules Ronjat a cherché à caractériser l’occitan en s’appuyant sur 19 critères principaux et parmi les plus généralisés. Onze critères sont phonétiques, cinq morphologiques, un syntaxique, et deux lexicaux. On peut ainsi noter la moindre fréquence des voyelles semi-fermées (en français standard : rose, jeûne). C’est une caractéristique des occitanophones grâce à laquelle on reconnaît leur accent « méridional » même quand ils parlent en français. Il existe aussi la non-utilisation du pronom personnel sujet (exemple : canti/cante/chante/chanto je chante ; cantas/chantas tu chantes). On peut trouver encore d’autres traits discriminants. Mais, rien que sur les dix-neuf critères principaux, il existe sept différences avec l’espagnol, huit avec l’italien, douze avec le francoprovençal et seize avec le français. Prononciation de l'occitanLa prononciation de l’occitan, selon la norme classique occitane, se fait selon des règles de lecture constantes et régulières, à part quelques exceptions. À partir de lettres de base, l’occitan utilise des symboles modificateurs qui changent la prononciation de certaines lettres ou simplement marquent une tonicité dans le langage, sans en changer la prononciation comme : l’accent fermé (´), l’accent ouvert (`) et la diérèse (¨). Résumé de la prononciation de l’occitan (languedocien) : Voyelles
Consonnes
Les liens entre l’occitan et le catalanÀ un stade ancien, le catalan et l’occitan ne pouvaient pas être différenciés. Le fait qu’on écrive quasi exclusivement en latin à cette époque rend impossible toute catégorisation formelle. En tout cas, les premiers textes en langues vulgaires, bien que très semblables montrent déjà quelques différences, lesquelles se sont accentuées à la moitié du XIIe siècle, dû à des pressions d’isolation politique et géographique. Le gascon, non isolé du reste de l’Occitanie a été considéré comme un dialecte occitan ; tandis que le catalan, plus proche du languedocien d’un point de vue linguistique que d’autres dialectes occitans, a été considéré comme une langue différente. Les poètes catalans écrivirent en occitan jusqu’au XIVe siècle. Le premier écrivain qui écrivit toute son œuvre en catalan, ainsi qu’en occitan, fut le Valencien Ausiàs March. Dans l’œuvre du philologue du XIXe siècle Friedrich Christian Diez le catalan est considéré comme une part intégrante de l’occitan, appelé encore « provençal » ; cependant il en signale les différences. En 1931, le récent retour au statut d’autonomie de la Catalogne risquait d’être entravé par la défense de l’appartenance des catalans à un ensemble majoritairement non espagnol. Ce n’est qu’en 1934 que les intellectuels catalans ont proclamé solennellement que le catalan était distinct de l’occitan[19]. L’occitan et le catalan se distinguent par la manière d’écrire la langue (graphie). Les Occitans d’aujourd’hui ont majoritairement choisi d’utiliser une graphie proche de la langue médiévale (et des origines latines), par exemple en ajoutant le -n final qui est « caduque » dans certains dialectes. D’autres avaient préféré franciser leurs graphies (Provençaux Avignonnais, école linguistique Gaston Phébus en Gascogne…). Les Catalans de leur côté ont choisi une graphie centrée sur leur manière de prononcer (pas de n final à català par exemple). La prononciation varie entre catalan et occitan, par exemple :
Pour les catalanophones, la graphie classique des occitans a l’avantage de ressembler assez à la catalane. Cela est dû pour une bonne part à ce que dans les travaux d’actualisation et de fixation de cette graphie, conduite par Loís Alibèrt en 1937, on a suivi des critères très semblables à ceux suivis par Pompeu Fabra pour le catalan. Les deux graphies se sont basés sur la graphie médiévale, formée quand les deux langues étaient plus proches de leurs origines communes et qu’en plus les contacts étaient plus intenses (la poésie en Catalogne a été faite principalement en occitan même au XIVe siècle). Malgré tout, il y a quelques différences dont il faut tenir compte pour lire avec la facilité les textes occitans :
L’aspect politique, culturel et religieux est important aussi. La Catalogne, contrairement à l’Occitanie a bénéficié longtemps d’une indépendance étatique alliée à un fort développement économique. De plus, l’espace occitan est globalement défini par son appartenance à la France, le catalan est majoritairement défini par son appartenance à l’Espagne. Encore récemment les langues continuent d’évoluer séparément : le catalan est un ensemble de dialectes qui ont tendance à s’hispaniser au contact du castillan ; l’occitan, lui, a tendance à se galliciser au contact du français. Le poids important des langues espagnole et française dans le monde pèse lourdement sur les rapports de domination linguistique au sein de la France et de l’Espagne. Il ne faut toutefois pas en conclure que l’occitan et le catalan soient très différents. Il existe une assez bonne intercompréhension entre catalanophones et occitanophones.
Voici un texte dans sa version languedocienne (occitan méridional-ouest) et catalane majorquine (catalan des îles Baléares). La forme littéraire ou archaïque du catalan majorquin est parfois précisée dans les remarques.
Origines de l’occitanL’occitan est la plus centrale des langues romanes, à ce titre, les influences extérieures de la périphérie romane pouvaient empêcher sa naissance et son développement en n’en faisant qu’un lieu de passage tributaire d’une koinê extérieure, ou bien favoriser son développement en tant que langue véhiculaire spécifique. C’est cette deuxième possibilité qui s’est réalisée, favorisée par certaines circonstances qui ont donné à l’occitan son originalité :
Langue occitane ou langues d’oc ?Langues ou dialectes ?L’utilisation du nom « occitan » et l’idée qu’il n’y a là qu’une seule langue est sujet à polémiques. Il est admis par la très grande majorité des linguistes romanistes qu’il existe une unité linguistique de l’occitan, dépassant le cadre dialectal. Certains auteurs, minoritaires, pensent cependant qu’il n’existe pas une, mais des « langues » d’oc (concept apparu dans les années 1970). Le gascon et le catalan posent aussi un problème de classification au vu de certains côtés ibéro-romans[27]. Cependant, dans son ouvrage récent Linguistique romane, l'éminent romaniste Martin-Dietrich Glessgen opte pour classer le gascon dans l'ensemble occitan. Occitan et catalan sont regroupés sous la désignation de groupe linguistique occitano-roman. Dialectes de l'occitanLes différents dialectes de l’occitan sont :
L’existence de parlers de type occitan, ou tout au moins de type intermédiaires, est confirmée par de nombreux noms de lieux du sud de la Saintonge et du Poitou. H. Malet a tracé en 1940 la ligne de démarcation entre les toponymes en -ac, de caractère occitan : Cognac, Jarnac ou Jonzac, et de l’autre les toponymes en -ay, -é (ou -y) de type septentrional, provenant des noms de villas gallo-romaine en -acum : Beurlay, Plassay ou Tonnay-charente. De même dans le sud des Deux-Sèvres (région de Melle) et dans le sud et l’est de la Vienne (régions de Civray, Montmorillon et Chauvigny) des toponymes en -ac et en -ade indiquent une ancienne présence occitane. O. Herbert l’a démontré dans son travail de diplôme « Les noms de lieux de la Vienne à la limite des domaines français et provençal ». J. Pignon estime que l’on a usé d’un parler de type occitan dans le Sud-Est du Poitou jusqu’à la fin du XIIe siècle. Ce serait l’influence de Poitiers qui a fait peu à peu triompher les formes d’oïl sans éliminer totalement tous les traits occitans. Dans le sud de la Saintonge, le clivage beaucoup plus brutal entre saintongeais et gascon fait penser plutôt à une cause accidentelle. L’abbé Th. Lalanne trouve l’explication dans les dévastations de la guerre de Cent Ans. En effet, la région a été très étroitement impliqué dans des luttes qui avaient déjà commencé près de trois siècles avant la guerre de Cent ans. En 1152, Aliénor d’Aquitaine, divorçait d’avec Louis VII Roi de France qu’elle avait épousé en 1137 pour se remarier deux ans plus tard avec Henri II Plantagenêt, Comte d’Anjou, et futur Roi d’Angleterre. Les luttes qui s’ensuivirent trouvèrent provisoirement leur conclusion dans le rattachement du Poitou à la couronne de France. C’est une étape importante dans l’histoire de la langue puisque le français devient alors la langue de la chancellerie. Après la mort de Louis IX, la guerre reprit de plus belle. Poitiers devient pendant un temps la capitale de la France sous Charles VII. La Saintonge devient un des champs de bataille en raison de sa proximité avec la Guyenne tenue par les Anglo-aquitains. Les guerres qui s’y sont déroulées furent particulièrement meurtrières. À ces ravages s’ajoutèrent ceux d’épidémies de pestes répétées, dont la peste noire de 1349. Après la fin de la guerre marquée par la défaite des Anglo-aquitains à Castillon (Gironde) en 1453, la population de la région était décimée à 90 %. Il fallut faire appel de manière massive à des populations francophones (parlant la langue d’oïl) venus de régions plus au nord pour la repeupler. C’est ainsi que s’explique, semble-t-il, l’absence de tout parler intermédiaire entre langue d’oïl et langue d’oc en Saintonge. Il s’avère que dès le début du XIIIe siècle les documents de Saintonge, d’Angoumois, d’Aunis et du Poitou étaient déjà écrits dans un parfait français, ce qui pourrait laisser supposer que les dialectes locaux étaient plutôt proches des langues d’oïl que d’un dialecte d’oc de type limousin. Ou au contraire cela constitue une preuve supplémentaire d’une francisation précoce. En effet, l’utilisation du « bon » français dans les écrits, au détriment de l’usage du parler local démontre une certaine acceptation de l’autorité royale par les élites locales.
Classification supradialectalePierre Bec propose une autre classification dite "supradialectale", selon les lignes suivantes :
Langue littéraire "unifiée"Il faut remarquer qu’entre le XIe siècle] et le XIIIe siècle, il exista une langue littéraire nommée par les troubadours du nom générique de « langue romane » ou « roman » (elle ne fut jamais désignée comme « occitan » par les auteurs contemporains) pour la différencier du latin. Les auteurs modernes l’ont rapproché de la koinê grecque, qui était une forme de grec relativement unifié sous la période hellénistique (300 av. J.-C. - 300 ap. J.-C.), même si cette dernière langue était plus diverse régionalement qu’on ne le croit trop souvent. La « langue romane » utilisée par les troubadours semblait avoir pour base le dialecte limousin qu’aurait employé le premier troubadour, le duc d’Aquitaine - comte de Poitiers Guillaume IX (1086-1126). Le succès de ce dernier et la présence de certains des premiers troubadours originaires du Limousin et de la Gascogne à la cour de son fils Guillaume X (1126-1137) qui était leur souverain, expliquent facilement la diffusion de cette langue littéraire au sein du duché d’Aquitaine. Le futur Languedoc et la Provence ne connurent les troubadours que par la suite dans la seconde moitié du XIIe siècle. Pourtant Pierre Bec, grand spécialiste des troubadours indiquait dès 1967 qu’« Il est d’ailleurs difficile de juger de cette langue avec précision puisque nous n’en connaissons qu’une pâle copie, celle que les scribes ont bien voulu nous transmettre dans les différents manuscrits. Si substrat dialectal il y a, c’est souvent celui du copiste qui se manifeste à son insu. Et là, bien souvent, règne l’arbitraire le plus absolu : à un vers d’intervalle, tel ou tel mot se présente, non seulement avec une autre graphie, mais avec un phonétisme appartenant à un dialecte absolument différent. Et que dire encore si l’on compare, à propos d’un même texte, les diverses leçons léguées par les manuscrits ! Il est impossible de dire exactement dans quelle langue ont été écrites les poésies des troubadours. »[28] En dehors de la littérature des troubadours, on ne peut pas trouver d’éléments prouvant l’usage d’une norme linguistique unifiée dans les chartes et les autres documents du Languedoc, de Provence, d’Auvergne, de Catalogne, du Limousin ou de la Gascogne. Pour résumer, les pratiques écrites étaient assez distinctes d’une région à l’autre et les perceptions accréditant l’idée d’une unification linguistique sur tout l’espace couvrant toutes ces régions ne sont bien souvent que le résultat d’une graphie relativement homogène car issue de la graphie utilisée pour le latin. En tout cas, tous les témoignages historiques médiévaux démontrent que l’espace linguistique que l’on dénomme aujourd’hui « occitan » abritait des peuples qui se considéraient comme différents les uns des autres malgré les proximités linguistiques qui sont d’ailleurs plus perçues depuis le XIXe siècle qu’au Moyen Âge (les peuples jusqu’au XIIe siècle inclus : les Aquitains, les Gascons, les Goths et les Provençaux ; à partir du début du XIVe siècle : les Limousins, les Auvergnats, les Gascons, les gens de « la langue d’oc », les Catalans et les Provençaux). La langue et ses atoutsRichesse du lexiqueLe dictionnaire d’occitan usuel comporte environ 50 000 à 60 000 mots, comme pour le français, mais on a aussi pu avancer des chiffres aussi élevés que 450 000 mots[16], ce qui est donné comme comparable à l’anglais[29]. Le magazine Géo[16] affirme que la littérature anglo-américaine peut être traduite plus facilement en occitan qu’en français. En faisant toutefois exception des termes technologiques modernes, que toutes les langues vivantes ont intégrés. Le lexique est parfois très prolifique, en particulier dans la description de la nature et de la vie rurale. Il existe ainsi 128 synonymes pour signifier l’idée d’une terre cultivée, 62 pour marécages, 75 pour désigner un éclair[16]. Cette richesse s’explique par le fait que l’occitan est composé de multiples dialectes, dont chacun possède son lexique propre, faisant partie intégrante de la langue. De plus l’occitan n’a pas connu d’épuration, contrairement au français qui a été amputé de ses formes dialectales par l’Académie française aux XVIIe et XVIIIe siècles. La langue ayant subi une éclipse pendant la période d’industrialisation, la richesse du vocabulaire lié à la vie de cette époque est moins importante que celle des périodes précédentes. Récemment, un effort particulier a été fait pour développer le vocabulaire (souvent scientifique et technologique) propre aux langues modernes[30]. Apprentissage de langues étrangèresL’occitan prédisposerait aussi, selon les sources du magazine Géo, à l’apprentissage des langues étrangères. En effet, l’oreille humaine a la capacité d’entendre 24 000 hertz. Cependant, l’usage de la langue maternelle filtre et « déforme » les sons étrangers. Le français n’en perçoit que 5 000 hertz, tandis que l’occitan en perçoit 8 000 au minimum[16]. De plus, l’occitan est une langue romane centrale, ce qui facilite la compréhension des langues latines voisines : italien, espagnol, portugais… L’occitan est la langue romane qui a le plus de points communs avec les autres langues de la même famille. Ci-dessous, une comparaison de l’occitan (dialecte central) et d’autres langues latines : Tableau de comparaison de langues romanes
Il ne faut pas oublier que l’anglais a aussi reçu un vocabulaire latin, angevino-normand (langue d’oïl) et occitan. Il existe une certaine proximité de vocable entre l’occitan et l’anglais qui n’a jamais existé ou a disparu en français : jump (anglais) / jumpar (occitan), record / recordar (mais existait en ancien français : recorder), etc. L’amélioration des connaissances en françaisLa maîtrise de l’occitan, comme celle d’autres langues romanes, entraîne un accroissement de la faculté de parler avec un langage varié en français. Le français, notamment, a emprunté de nombreux mots d’origine occitane. Cependant, certains dictionnaires français sont mal renseignés au sujet de l’occitan. Ils peuvent se tromper d’origine ou de date d’apparition des termes. En fait, il ne faut pas oublier que l’occitan a servi de zone linguistique de transmission de termes venus du Sud de l’Europe ou du Maghreb. L’italien et le castillan, par exemple, ont fourni nombre de leurs mots au français en passant par l’occitan. Or, certains dictionnaires ne signalent que la langue-source en dernière analyse et non la langue à laquelle le mot a été emprunté. Les dictionnaires plus récents ou universitaires (Grand Robert, Trésor de la langue française) sont relativement à l’abri de ces erreurs. À l’heure actuelle, certains mots occitans permettent de comprendre des mots en français dans un registre populaire, familier, commun ou bien relevé : abelha > abeille, balada > ballade. On peut aussi noter quelques autres mots de création occitane ou dont la forme occitane est à l’origine des mots en français : cocagne, flageolet, gabarit, mascotte, soubresaut, etc. Langue évolutiveTout comme dans les autres langues romanes, les emprunts au latin et au grec ancien permettent de créer de nouveaux mots très précis, par exemple pour un usage technologique ou scientifique. De plus, l’Académie de la langue catalane étant très active, l’emprunt direct au catalan est facile et rapide à réaliser, au détriment cependant d’une autonomie de la langue occitane face aux évolutions de la société. D’un autre côté, l’écoute des néologismes d’occitanophones naturels permet aussi des évolutions en utilisant les ressources propres de la langue. Par exemple, pour le mot "parachutiste", on peut dire : "un paracaigudista" (catalanisme) ou "un paracasudista" (italianisme). Tandis que certains occitanophones naturels disent : "un paracabussaire", du verbe "cabussar" qui veut dire : "plonger, tomber la tête la première". Les péripéties de l’occitanRepères linguistiques
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