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L'offre et la demande désignent respectivement la quantité de produits ou de services que les acteurs sur un marché sont prêts à vendre et/ou à acheter à un prix donné. En microéconomie, la théorie de l'équilibre partiel entre l'offre et la demande développée par Alfred Marshall tente de décrire, d'expliquer, et de prédire le prix et la quantité des biens vendus sur les marché concurrentiels. Le modèle marshalien formalise les théories développées précédemment et est utilisé comme point de départ pour toute une série de modèles et théories économiques et sociales. La théorie de l'offre et de la demande permet de comprendre les mécanismes à l'œuvre dans la décision d'allocation des ressources en économie de marché. L'offre et la demande sur un marché organiséSur un marché organisé, tel qu'une bourse financière, la cotation d'un titre ou d'une obligation est choisie de manière à ce que le nombre de transaction soit le plus grand possible. Un agent de change est chargé de réunir les offres de vente et les demandes d'achat : les ordres de bourse. Chaque offre de vente a un cours limite en dessous duquel, le vendeur ne veut pas vendre. Chaque demande d'achat a un cours limite en dessus duquel l'acheteur ne veut pas acheter. Chaque limite étant différente, l'agent doit choisir une valeur telle que le nombre de vente est égal au nombre d'achat. Mathématiquement, ce cours permet aussi de maximiser le nombre d'échange, car tout autre valeur laisserait des vendeurs voulant bien vendre mais sans acheteur, et inversement. Voici un tableau où l'agent de change a classé par ordre décroissant les demandes d'achat et par ordre croissant les offres de ventes:
Si on fixe le cours à 95,29, les acheteur A1 à A5 vont accepter d'acheter, et les vendeurs V1 à V5 vont accepter de vendre. Ce cours est le seul qui permette d'avoir autant d'acheteur que de vendeur. Au dessus, à partir de 95,30, il n'y aura que 4 acheteurs. En dessous à partir de 95,27, il n'y aura que 4 vendeurs. Ainsi, le cours 95,29 permet aussi d'avoir le plus grand nombre d'échanges. Les agents de change utilisent maintenant des ordinateurs pour calculer en temps réel la cote des titres. Lorsque plusieurs titres peuvent être vendus ou acheter à la valeur de la cote sans qu'il y ait d'acheteurs ou de vendeurs en face, certains ordres ne seront pas exécutés en totalité : un système de priorité entre plusieurs vendeurs et acheteurs peut être mis en place selon le marché, par exemple l'offre ou la demande la plus ancienne sera satisfaite en première. Concepts de base de la loi de l'offre et de la demandeL'offre et sa variationL'offre d'un bien est la quantité d’un certain produit offert par les vendeurs pour un prix donné. En général, l'offre augmente lorsque le prix monte; en effet, plus le prix est élevé, plus il a d'incitation pour des producteurs à offrir le bien. Il y a, de même, plus d'incitation pour les détenteurs d'un bien à s'en séparer. La demande et sa variationLa demande est la quantité d’un certain produit demandée par les consommateurs ou acheteurs pour un prix donné. La demande tend en général à baisser quand le prix augmente : plus les prix sont élevés, moins les acheteurs sont disposés à acheter. Conséquence : loi de l'offre et de la demandeDans ces conditions, en général, on observe que lorsqu'un bien est vendu sur le marché à un prix pour lequel les consommateurs demandent plus de biens que les entreprises peuvent en offrir, alors le prix du bien tend à augmenter. Inversement, le prix va tendre à diminuer quand la quantité offerte excède la quantité demandée. Le mécanisme d'ajustement du prix et de la quantité conduit donc le marché à atteindre un point d'équilibre. Ce point de stabilité théorique est défini comme celui où les producteurs sont prêts à vendre la même quantité de biens que les consommateurs veulent acheter. La théorie de l'offre et de la demande est importante dans le fonctionnement des économies de marché car elle explique le mécanisme par lequel les décisions d'allocation des ressources se font. Les recherches en matière notamment d'économie comportementale ont toutefois montré des phénomènes perturbants dans la réaction aux prix de l'offre et de la demande. Si l'explication par l'offre et la demande est donc imparfaite, elle n'en reste pas moins adaptée dans la très grande majorité des cas. Exceptions à la loi de l'offre et de la demandeIl existe des cas où, contrairement à la règle générale, la demande augmente en même temps que le prix, tandis que la baisse du prix provoque une baisse de la demande
ComplexitésIl existe aussi des phénomènes plus complexes ou le mécanisme de l'offre et de la demande ne joue qu'avec retard :
Le fameux paradoxe du cheval bon marché, rare, donc cher, ne contredit pas la loi de l'offre et de la demande, il la confirme : si le cheval bon marché est rare, c'est parce que la demande se porte d'abord sur le cheval bon marché, ce qui le fait disparaitre. La théorisation de l'offre et de la demandeDomaine de validité
La loi de l'offre et de la demande ne se théorise bien que sous des hypothèses précises, notamment :
Dans les autres cas, cette "loi" ne donne qu'une approximation du fonctionnement des marchés. ÉlasticitéIl est possible de théoriser la variation de demande (ou d'offre), associée à une variation de prix. On utilise pour ça la notion mathématique de dérivée, et le rapport entre la variation relative de la quantité, et la variation relative du prix.
La confrontation de l'offre et de la demandeL’offre est la quantité d’un bien économique que les producteurs souhaitent vendre à un prix donné. Ses principaux déterminants sont le prix du marché et les coûts de production. En fait, les fonctions d’offre sont obtenues à partir des coûts de production de l’entreprise à long terme. Leurs courbes représentatives sont généralement des courbes croissantes et concaves du fait de la loi des rendements décroissants. Il peut en être différemment. La demande est la quantité voulue d’un bien, à un prix donné, par les consommateurs ayant les moyens de l’acheter. La courbe représentative de la fonction décrit le prix (en ordonnées) en fonction de la quantité (en abscisses). Ses principaux déterminants seront donc le prix du bien, le revenu, les goûts, mais aussi l’offre et la demande des biens de substitutions (ainsi l’évolution des prix du pétrole a un effet sur la demande de gaz par exemple). La courbe représentative de la fonction de demande est généralement décroissante et peut être concave ou convexe, selon les cas. En construisant les deux courbes, ou dans un cas plus simple les deux droites, on obtient la situation du marché. La rencontre de l’offre et de la demande permet de définir le point d’équilibre. Ce point définit le prix pour lequel l’offre égalise la demande, c’est-à-dire le point où se réalise l’échange. On appelle les coordonnées correspondantes prix d’équilibre et quantité d’équilibre. Tant que ce point n’est pas atteint, l’excédent d’offre provoque la baisse du prix ou bien la trop forte demande provoque sa montée. C’est donc par tâtonnement qu’est censé être atteint ce prix dans la réalité. Mathématiquement cela revient à étudier la convergence d'une suite définie par récurrence. Dans la théorie microéconomique, l’offre et la demande sont fonctions du prix (noté en ordonnées par convention) mais n’interagissent pas l’une sur l’autre. Évolution de la demandeLorsque davantage de personnes désirent un bien, la quantité qui en est demandée pour un prix donné tend à augmenter. Cette hausse de la demande peut dériver d’une évolution des goûts, quand les consommateurs accroissent le désir qu’ils ont d’un bien donné. L’évolution de la demande peut-être représentée graphiquement par une translation de la courbe de demande vers la droite. La courbe initiale D1 est alors remplacée par la courbe D2. La conséquence de ce changement est la hausse du prix d’équilibre qui passe de P1 à P2, tandis que s’accroît également la quantité d’équilibre qui passe de Q1 à Q2. Inversement, lorsque la demande diminue, les phénomènes inverses se produisent. La quantité échangée décroît ainsi que le prix. Évolution de l'offreLorsque les coûts de production de l’offreur sont modifiés, la courbe de l’offre se déplace en conséquence. Si, par exemple, quelqu’un découvre une nouvelle manière de faire pousser le blé, les producteurs tenteront d’accroître les volumes vendus, si bien que la courbe S0 se déplacera vers la droite et deviendra S1. Cet accroissement de l’offre provoque une baisse du prix d’équilibre qui passe de P0 à P1. Quant à la quantité d’équilibre, elle augmente de Q0 à Q1 car la quantité demandée est accrue par la baisse du prix. Cette évolution n’a d’effet que sur l’offre, la courbe de la demande reste elle identique. Histoire de l'offre et de la demandeLes tentatives de déterminer comment l'offre et la demande interagissent ont commencé avec la Richesse des Nations d'Adam Smith publié en 1776. Dans ce livre, il fait l'hypothèse que le prix de l'offre est fixe, mais que la demande va augmenter ou diminuer selon que le prix diminue ou augmente. David Ricardo en 1817 publie Des principes de l'économie politique et de l'impôt dans lequel l'idée d'un modèle économique est pour la première fois proposée. Il explique de façon plus rigoureuse les hypothèses utilisées pour démontrer la loi de l'offre et de la demande. Durant le XIXe siècle l'école de pensée marginaliste voit le jour avec les travaux de Stanley Jevons, Carl Menger, et Léon Walras. L'idée principale est que le prix est déterminé par le prix le plus élevé, le prix à la marge. C'est une importante amélioration par rapport aux idées d'Adam Smith à propos de la détermination des prix d'offre. Finalement, la plupart des bases de la théorie moderne de l'offre et de la demande ont été finalisées par Alfred Marshall et Léon Walras qui ont combiné les idées de détermination de l'offre et les idées à propos de la détermination de la demande afin de chercher un point d'équilibre. Depuis la fin du XIXe siècle, la théorie de l'offre et de la demande a peu évolué. La plupart des travaux ont conduit à examiner les cas particuliers du modèle (oligopole, coût de transaction, non-rationalité). Loi du marché ou contrôle des prixLes économistes libéraux critiquent ou dénoncent les pratiques de contrôle des prix, ne serait-ce que parce qu'elles sont contre-productives. Des pratiques de contrôle des prix ont toujours existé dans presque tous les pays du monde, notamment en France[2]. Elles consistent en la fixation de prix arbitraires (exemple : les prix des consultations médicales), en l’instauration de prix minimums pour protéger les vendeurs (exemple : le salaire minimum) ou pour protéger les autres clients des vendeurs contre le risque de faillite des vendeurs (exemple : les tarifs de certains contrats d'assurance) ou pour protéger les producteurs actuels contre la concurrence de nouveaux venus (exemple : l'interdiction de la vente à perte), en l’instauration de prix maximums pour protéger les acheteurs (exemple : le taux d’usure), ou encore en l’encadrement de l’évolution des prix (exemple : la limitation de la hausse des loyers). L’argument, partagé par la majorité des économistes et fondé sur l’observation de la loi de l’offre et de la demande, est le suivant :
Notes et référencesVoir aussiBibliographie
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