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Matériel traditionnel européen et produit de la pêche en eau douce, peints par Johannes Fabritius
La pêche est l'activité consistant à capturer des animaux aquatiques (poissons, mais aussi crustacés, céphalopodes...) dans leur milieu naturel (océans, mers, cours d'eau, étangs, lacs, mares). Elle est pratiquée par les pêcheurs, comme loisir ou profession. Les techniques et engins de pêche sont nombreux, dépendant de l'espèce recherchée, du milieu, des bateaux. La pêche est plus ou moins encadrés par une réglementation qui tend à se renforcer pour protéger la ressource de l'épuisement. La FAO estimait en 2005, qu'environ 38 millions de pêcheurs et d'aquaculteurs fournissaient dans le monde des emplois directs et indirects à environ 200 millions de personnes. Chaque humain consommait en moyenne 14,4 kg/an de poissons sauvages issus de la pêche, ainsi que 7,4 kg issus de pisciculture[1]. Vocabulaire : Dans le cas des cétacés (baleine, cachalot, ou dauphin encore consommé au Japon, on parlera plutôt de "chasse"; on parle aussi de chasse sous-marine pour le tir au harpon de poissons ou la collecte de crustacés).
HistoireLa pêche, sans doute aussi vieille que l'humanité a toujours été et reste une source vitale de protéines animales pour l'homme et une ressource économique pour de nombreux pays côtiers. La croissance des volumes pêchés se heurte aujourd'hui à l'épuisement des ressources naturelles. Après un report vers les espèces de grands fonds, c'est la pisciculture marine ou d'eau douce qui devra sans doute dans le futur répondre à la croissance de la demande qui accompagne l'évolution démographique et l'augmentation du niveau de vie. La pêche de loisir est réglementée, nécessitant dans la plupart des pays un permis et/ou une carte-pêche. La pêche de loisirs en mer l'est encore peu, notamment dans les eaux internationales. La pêche professionnelle est de plus en plus réglementée pour protéger efficacement les ressources. Types de pêchePêche maritime et fluvialeOn les distingue généralement sur un critère de salinité de l'eau, distinction qui entraîne notamment une réglementation différente. En France, on parle de la "limite de salure des eaux" qui conditionne le régime juridique entre ces deux type de pêche. Cette limite, purement administrative, découle du décret du 9 janvier 1852 sur l'exercice de la pêche et pose de grands problèmes en pratique, car bien des animaux ont la capacité de la franchir dans les deux sens. Pêche professionnelle ou commercialeOn distingue plusieurs types de pêche professionnelles :
La pêche artisanale n'est pas forcément côtière. Un artisan est un armateur qui possède au maximum deux navires d'une longueur maximale de 24 mètres. Ce genre de navires, bien qu'artisans, font de la pêche hauturière.
La pêche hauturière est effectuée par des navires de 18 à 50 mètres. Elle est artisanale ou industrielle (Le critère étant de passer plus de 96 heures en mer d'affilée). Pour la législation française les genres de pêche sont :
La pêche professionnelle en mer demande un équipement et un navire adaptés à l'espèce cible et à la haute mer. On distingue la pêche aux traînants, comme les dragues, les chaluts, la senne danoise, de la pêche aux dormants, comme les filets dérivants ou les casiers ainsi que d'autres spécialités comme la senne coulissante (ou bolinche) qui est un filet que l'on tourne autour du banc de poissons. La plupart du temps, un navire est adapté pour pêcher différents types de poissons afin d'assurer un cycle saisonnier et de suivre les différentes réglementations de pêche. Les technologies modernes permettent de faciliter les captures et d'améliorer le rendement des pêches (contrôle électronique du train de pêche, sondeurs multifaisceaux, sonars, radars, bouées de localisation par satellite ou simplement la réception de données par télécommunications par satellite en général). Ces technologies laissent de moins en moins de chance à la proie et contribuent à la surpêche.
Banc de hareng
Outils de pêche professionnelle :
Pêche sportive ou de loisirPêche électriqueLa pêche électrique, réservée en Europe aux seules autorités halieutiques compétentes, consiste à faire passer un courant de faible intensité dans le cours d'une rivière à l'aide d'une perche conductrice terminée par un anneau alimentée par une batterie. Le poisson, légèrement choqué vient alors flotter à la surface d'où il peut facilement être récupéré grâce à une épuisette. Cette technique de pêche n'est utilisée que pour réaliser des études sur les ressources halieutiques : comptage, mesures, pesée et éventuellement baguage. C'est donc une méthode à seul but scientifique et les poissons, après avoir retrouvé leurs "esprits" et avoir été ré-oxygénés sont relâchés dans leur milieu naturel. En bateaula palangrotteLa pêche à la palangrotte se pratique au mouillage. La palangrotte est composée d'une ligne mère et de quatre ou cinq hameçons placés au bout de brassoles espacés entre eux d'environ un mètre. Les appâts sont descendus sur le fond à l'aide d'un lest, dès que le plomb placé en bout de palangrotte touche le fond on le remonte un peu pour tendre la ligne. Cette pêche se pratique à la main ou avec une canne courte. On peut, sur un même bateau, pêcher avec plusieurs palangrottes. En Méditerranée les poissons recherchés sont les girelles, les sarrans, les rascasses, les vieilles. C'est le mode de pêche préférentiel de la bouillabaisse. Sur le bas de ligne sont placées à intervalle régulier plusieurs potences armées d'hameçon de taille 8 à 12. la traîne légèrela traîne lourdela pêche aux cormoransType de pêche pratiquée par exemple en Chine sur le lac Eir dans le Yunnan ou sur la rivière Li. Le cou du cormoran est ligaturé afin que celui-ci régurgite le poisson attrapé au pêcheur. Sous l'eauUne technique de pêche relativement marginale au niveau professionnel, mais néanmoins historique, est à noter : il s'agit de celle que pratiquent les Amas, ces femmes japonaises pêchant des coquillages en apnée. Cette technique est également utilisée dans les lagunes languedociennes et sur le littoral notamment pour le biju (ou violet), la chasse et la pêche sous-marine étant strictement interdites aux plongeurs avec bouteilles. Si cette tradition tend à disparaître, le fait de plonger pour se nourrir ou faire du commerce a certainement été le premier type de pêche. On trouve des traces de cette activité datant de la préhistoire en Méditerranée, en Corée et en Terre de feu. Aujourd'hui, il s'agit majoritairement d'un loisir ou d'un sport. Voir l'article Chasse sous-marine. RéglementationLa règlementation varie selon les pays et les pêcheries, et selon le fait que le navire pêche dans des eaux territoriales ou internationales. InternationaleLire notamment l'article droit de la mer et OMI Communautaire (Union Européenne)845 règlements et décisions communautaires concernent directement ou indirectement la pêche professionnelle maritime[3]. La politique commune de la pêche est entrée en vigueur en 1983. Organisation commune du marché des produits de la pêche et de l'aquacultureCréée dans le cadre de la PAC, elle comprend quatre éléments :
Le 12 juillet 2005, la Cour de justice européenne a condamné, à la demande de la Commission européenne, la France à une amende pour violation de la législation communautaire concernant la protection des stocks de poissons risquant de disparaître. La France doit régler une somme forfaitaire de 20 millions d'euros pour avoir failli "de façon grave et persistante à ses obligations communautaires en matière de pêche". Elle doit aussi payer 57,8 millions d'euros supplémentaires pour chaque période de violation de six mois en plus. Nationale
Pêcheurs sur échasses, Sri Lanka
Tous les pays disposent d'une réglementation particulière. La réglementation de la pêche, en France, relève du ministère de l'Environnement et du Ministère de l'agriculture et de la pêche. On peut notamment citer :
voir aussi zone économique exclusive Au niveau national, les pêcheurs maritimes professionnels disposent conformément à la loi du 2 mai 1991 d'une organisation représentative chargée entre autre d'informer les pêcheurs en matière de réglementation. LocaleEn France, les pêcheurs professionnels se sont toujours auto-imposés une réglementation adaptée aux spécificités de chaque zone, notamment via des GPB (guides de bonnes pratiques) ainsi qu'au travers d'organisations issues de la loi du 2 mai 1991 qui sont les Comités régionaux et locaux des pêches maritimes et des élevages marins (CRPMEM et CLPMEM)et en Méditerranée via des prud'homies de pêcheurs. Les contrôlesIls prennent des formes différentes selon les pays mais visent généralement à la fois à limiter le braconnage et la surpêche. Les contrôleurs veillent à la conformité des lieux et saisons de pêche, des taille des prises, du lieu, profondeur, et durée d'immersion de l'engin de pêche et du nombre et type d'engin (t^ype de filet et de maillage et des dispositifs auxilliaires, nombre de lignes et d'hameçons, etc.). Ils vérifient quand ils le peuvent le respect des TACs, du rejets des prises accessoires et des captures de poisson sous-dimensionné, du journal de bord et du le registre de production, etc. avec signalement d'indice d'infraction apparente) et à éviter la concurrence déloyale ainsi qu'à améliorer la sécurité des pêcheurs. Dans certains cas, des observateurs à bord peuvent être présent (USA, Canada, Europe..) pour veiller au respect de la loi du pays, de normes internationales et/ou du pays étrangers dans les eaux duquel la pêche est pratiquée, avec généralement un rôle complémentaire d'acquisition de données scientifiques (prélèvements, analyses de taille, parasitoses, etc)[4]. Ils se font in situ, à partir des déclarations faites par les pêcheurs et en France sous le contrple des affaires maritimes et des préfets maritimes. L'imagerie et les outils satellitaires commencent à être utilisés. Par exemple, en France, le CROSS (Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage) d'Étel est chargé de surveiller les pêches françaises du monde entier par satellite. En 2008, environ 1000 navires français de plus de 15 m sont ainsi suivis (position, cap, vitesse) via Immarsat ou Argos. En zone à risque de piratage, les données sont aussi communiquées à la marine de guerre qui peut assurer la sécurité des pêcheurs. Cette approche devrait se développer dans le cadre du projet Kopernikus. La France a été condamné le 12 juillet 2005 à payer 20 millions € par la cour européenne de justice pour manquement grave aux dispositions de la PCP (Politique commune des pêches), avec astreinte semestrielle de 57 millions [5] Aspects économiquesSelon les statistiques de la FAO, le total des pêches mondiales en 2000 est estimé à 142,5 millions de tonnes dont 96,7 destinées à l'alimentation humaine, soit une disponibilité de 16,2 kg par habitant. En 2004, la production a encore augmenté avec 155,8 millions de tonnes[6]. Sur ce total de 130,4 millions de tonnes, 94,8 sont dues à des captures (pêche continentale ou marine) et 35,6 (soit 27 %) sont la production de l'aquaculture. L'exploitation des poissons des grands fonds s'est sensiblement accrue mais le total des captures est en régression. La production de poisson est en constante augmentation depuis les années 1950[7]. La Chine est le premier producteur mondial avec 16,6 mio de tonnes en 2002, suivie par le Pérou (8,8 mio), les États-Unis, le l'Indonésie, le Japon et le Chili (4 à 5 mio). Les dix principaux pays producteurs se partagent 60% des prises. L'océan Pacifique fournit 60% des ressources, l'Atlantique 27% et l'océan Indien 10%. Les poissons pêchés proviennent du plateau continental à 90%[8]. Les principales espèces pêchées ont été en 2000 :
En France, selon les chiffres de l'Ofimer (2004), le secteur de la pêche emploie 21 000 marins pour 6 000 navires. 40 criées réparties le long du littoral gèrent les produits pêchés, d'une valeur globale de 1,12 milliards d'euros. Ceux-ci sont distribués par 380 entreprises de mareyage et 290 entreprises de transformation. Cependant, que les poissons proviennent d'eau douce ou d'eau de mer, ils doivent, pour être mis sur le marché, respecter des critères stricts tant sur le plan sanitaire [2] que médicamenteux [3]. Il semble que ces législations soient mieux respectées en eau de mer qu'en eau douce. L'accompagnement des filières nécessaires pour leur permettre de respecter l'évolution législative ne semble pas en France avoir eu lieu. En 2004, le nombre d'unité composant la flotte de pêche mondiale se montait à environ 4 millions, dont 1,3 mio d'embarcations pontées et 2,7 mio non pontées. Parmi ces dernières, un tiers sont mécanisées (généralement équipées d'un moteur hors-bord), le reste étant constitué de bateaux traditionnels à voile ou à rame. Parmi les bateaux pontés, 86% opèrent en Asie, 7,8% en Europe, 3,8% en Amérique du Nord et Amérique Centrale, 1,3% en Afrique, 0,6% en Amérique du Sud et 0,4% en Océanie. Après une forte expansion dans les années 1970 à 1980, la flotte tend à se stabiliser, en particulier dans les pays développés du littoral[9]. Soutenabilité de la pêche, Environnement et épuisement des ressources halieutiquesLes premiers symptômes de surexploitation des ressources halieutiques apparaissent au XIXème siècle avec la régression de certains cétacés (Baleines, cachalots) et poissons (saumons en particulier) puis avec la quasi disparition des baleines victimes de la surpêche des navires baleiniers. Dans les années 1970, la morue des Grands Bancs de Terre-Neuve, pêchée à une échelle presque industrielle depuis plus de 200 ans et qui semblait une ressource inépuisable, disparaît à son tour. Depuis les années 1950, l'envolée démographique et économique du XXème siècle a entrainé une croissance des pêcheries qui butte désormais dans de nombreuses régions sur la disparition du poisson. Le nombre de bateaux et de pêcheurs a diminué dans nombre de pays, mais ils sont bien plus efficaces et mieux équipés, ce qui a aggravé la pression sur les stocks halieutiques. Les flottes de pêche industrielle se sont alors tournées (années 1980-1990) vers des poissons moins connus ou moins appréciés du public, quitte à les transformer avant leur mise sur le marché (surimi). Elles exploitent des espèces de grands fonds et explorent les mers les plus éloignées des ports (archipel des Kerguelen, etc.) mais ces ressources lentement renouvelables sont elles-mêmes déjà menacées de surexploitation. Des expériences de pêche plus sélective et diminuant les prises accessoires ou accidentelles de cétacés (par les pingers notamment) sont tentée pour une « pêche durable ». Dans les années 1970 à 2000, sous l'égide de l'ONU et de la FAO, de nombreux pays développés ont renforcé leur réglementation pour limiter les volumes pêchés (politique de quotas ou TACs), et encouragé une pêche plus sélective, en s'appuyant sur une approche écosystémique[10], [11] et des analyses scientifiques de l'état des stocks halieutiques et de leur renouvelabilité. Les poissons de grands fonds font partie de ceux qui régressent le plus vite. Le 28 octobre 2008 et pour 2 ans, le Conseil de l'Europe a décidé de réduire ses quotas de pêche ou TAC (Total autorisé de capture)[12] pour les grands fonds. Les TAC pour le requins des profondeurs ont été réduites de 50 % et seront nulles en 2010. La pêche du poisson empereur pourrait être interdite en 2010 aussi et les quotas devraient pour le grenadier être réduit de 15 % en 2009 et de 5 % en 2010. Sur certaines zones un observateur devra être à bord lors de la pêche à la lingue bleue qui fera aussi l'objet d'une réduction de quotas [13]. Pour Greenpeace, l'état du stock de thon rouge en méditerranée est un constat d'échec des dispositifs de gouvernance de la ressource par les Organisations Régionales des Pêcheries (ORP). Notes et références
Voir aussiArticles connexes
Liens externesPêche professionnelle
Exemples de Guides de bonnes pratiques pêche/aquaculture
Pêche sportive ou de loisir
Histoire et Règlementation
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