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Le terme « police » désigne de manière générale l'activité consistant à assurer la sécurité des personnes et des biens en faisant appliquer la loi. Les forces de police (communément appelées « la police ») sont les agents (militaires ou civils) qui exercent cette activité.
ÉtymologieEn grec ancien, polis signifie cité, ville, tandis que politeia désigne la gouvernance de la ville. Le mot deviendra en latin, politia. C'est de ce politia que découlera le terme français de police, signifiant dans un premier temps « gouvernement ». HistoireLa police est une invention moderne. En effet, si Rome disposait d'irénarques chargés de la surveillance des mœurs, de la discipline publique et de l'arrestation des brigands [1], la « police » au sens moderne du terme ne naît qu'avec l'invention de l'État moderne. En Europe, au bas comme au haut Moyen Âge, le pouvoir de police n'est pas distinct, il n'y a d'ailleurs pas séparation des pouvoirs - le même seigneur pouvant à loisir désigner un coupable, le faire arrêter, le châtier. En France, la monarchie des XIIe et XIIIe siècles, verra la naissance de la maréchaussée, ayant pour fonction de surveiller l'armée, afin d'éviter que celle-ci ou ses déserteurs ne pillent le pays. À la fin du XIIIe siècle, la langue allemande invente le terme de Polizeiwissenschaft (littéralement, science de la police)[2]. À Paris, en 1254, est créé le chevalier du guet, corps de 25 policiers montés[3] chargés de surveiller la ville de nuit. Le dispositif sera adopté par de nombreuses autres villes. En 1667, un décret est soumis, par Colbert, au roi (Louis XIV) : « La police consiste à assurer le repos du public et des particuliers, à protéger la ville de ce qui peut causer des désordres. » Le poste de lieutenant général de police est créé et la première force au sens moderne du terme est mise sur pied. En 1789 disparaîtra la police monarchique - une garde nationale ayant tenté de réprimer la révolution. Dès 1790 seront créés une cinquantaine de commissariats. En 1796, toutes les villes comptant plus de 5 000 habitants comporteront désormais un commissariat. On cite souvent la Marine Police Force de Londres et la City of Glasgow Police en Écosse ainsi que la préfecture de Paris, tous créées vers 1800, comme les ancêtres de l'organisation moderne de la police moderne[4],[5],[6]. À celles-ci s'ajoute la Metropolitan Police Service, créée en 1929 et qui est la première qui ajoute la prévention policière à son rôle de répression du crime[7]. Les policiers sont connus sous plusieurs noms dont : constables, gendarmes, officiers de paix, agent de police, détectives, shérifs, marshalls, miliciens. L'organisation des forces de police varient grandement selon le pays : de locales à nationales, de civiles à militaires. Définition juridique des activités de police
Moto de la Police nationale française à Poitiers, (France).
Au CanadaLa Gendarmerie royale du Canada (GRC), la police fédérale, s'occupe des champs de compétence du gouvernement fédéral au Canada. Deux provinces, le Québec et l'Ontario, possèdent un corps de police provinciale chargé du champ de compétence provinciale sur leur territoire. Il s'agit de la Sûreté du Québec (SQ) et de la Police provinciale de l'Ontario (PPO). Les autres provinces canadiennes louent les services des patrouilleurs de la GRC qui occupent alors à la fois les champs de compétences, tant provincial que fédéral. Chaque ville, village ou municipalité a également compétence pour créer son propre corps de police municipale afin d'y maintenir l'ordre et d'y appliquer le Code criminel canadien et les lois pénales provinciales. Si un tel corps n'est pas créé par la municipalité, c'est la police fédérale ou provinciale (selon le cas) qui y a juridiction. Les services policiers fournis par la SQ ou la PPO sont facturés à la municipalité desservie. Cependant pour qu'une municipalité puisse avoir son propre corps de police, elle doit y avoir au moins 40 000 habitants. Ainsi à Montréal, c'est le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) qui dessert le territoire de l'Île de Montréal. En cas de bavure policière, on donne généralement l'enquête à un autre corps de police pour éviter les conflits d'intérêt. Par exemple, la SQ va enquêter sur le décès d'un individu tué lors d'une fusillade avec les agents du SPVM. Pour des enquêtes délicates qui nécessitent des services particuliers, comme ceux de la police scientifique, ou une coordination à large échelle, les corps policiers de différents niveaux vont collaborer. Aux États-UnisLe Federal Bureau of Investigation (FBI), le United States Secret Service, le United States Marshals Service, le United States Park Police, le United States Capitol Police, le United States Pentagon Police et certains autres services s'occupent des crimes de juridictions fédérales. Le FBI possède une juridiction assez large, dont une section de contre-espionnage, alors que les autres ont des juridictions particulières. Chaque État a son propre corps policier qui s'occupe de la gendarmerie sur les routes principales et des lois criminelles qui relèvent des États. Chaque comté a son service de police ou de Shérif qui a juridiction sur le territoire du comté, généralement hors des villes d'importance. Chaque ville d'importance a son service de police dont la juridiction s'étend au territoire de la ville. Comme au Canada, les différents niveaux de services de police collaborent. Contrairement à la plupart des pays, les chefs de polices municipales, de comté et les shérifs sont élus par la population et non nommés par des autorités supérieures. En FranceLa définition actuelle a été établie par les acteurs de la Révolution française. Ainsi, l'article 12 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 affirme : « La garantie des droits de l'homme et du citoyen nécessite une force publique ; cette force est donc instituée pour l'avantage de tous, et non pour l'utilité particulière de ceux à qui elle est confiée ». En droit français, il est possible de distinguer deux types de police :
Néanmoins, cette distinction entre police administrative, qui serait préventive, et police judiciaire, qui serait répressive, n'est pas absolue. Elle varie en effet en fonction de l'autorité de référence : le Préfet en matière administrative et la magistrature en matière judiciaire. En SuisseLa doctrine suisse établit les distinctions suivantes :
Organisations de policeOrganisation internationaleIl existe un organisme de coopération policière internationale, Interpol, qui diffuse aux pays membres les mandats d'arrêt d'internationaux délivrés par les autorités judiciaires nationales. Dans l'Union européenne, chaque pays possède sa ou ses polices nationales et Europol est l'organisme de coopération des différentes instances policières de l'Union. En FranceTrois forces de sécurité effectuent les missions de sécurité intérieure :
En BelgiqueDéviances policières et contrôle de la policeLes policiers peuvent commettre des erreurs, des fautes voire des infractions à la loi pénale. Contrairement à d'autres agents, ces comportements peuvent avoir des conséquences tragiques car la police dispose des moyens légaux et matériels d'exercer la force. Des services de contrôle spécifiques sont chargés d'instruire les affaires concernant les déviances policières. Certains dépendent de l'institution policière, d'autres sont des institutions indépendantes. Sociologie de la policeL'étude scientifique de la réalité sociologique des institutions policières est d'apparition relativement récente : au milieu du XXe siècle, aux États-Unis et au Canada, puis en Grande-Bretagne et dans les pays anglo-saxons ; en Europe continentale, à partir des années 1970, en Allemagne et aux Pays-Bas notamment. La France a commencé à être concernée par ce mouvement à la même époque, avec les initiatives de juristes comme Jean-Jacques Gleizal à Grenoble ou Bernard Asso à Nice, de criminologues comme Jean Susini, de politologues comme Jean-Louis Loubet del Bayle qui crée à l'Institut d'Études Politiques de Toulouse, le Centre d'études et de recherches sur la police (CERP). D'autres chercheurs en sciences sociales, comme les sociologues français Dominique Monjardet ou Frédéric Ocqueteau, s'intéressent à l'étude des organisations policières et à leur performance managériale. Cinématographie
Notes et références
Voir aussiBibliographie
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